19-03-2021
En extérieur, face à des champs de maïs secs, assez près d’une forêt, une voix se fait entendre, et parle de la maîtrise du feu. À l’aide d’une tige de maïs super sèche j’allume une parcelle rectangulaire qui en frôle d’autres. Je suis satisfait du chemin du feu. Et ça sent bon. Ça réchauffe toute la zone. Le feu se propage sur un rectangle voisin séparé par une petite allée. Voilà qu’il atteint un genre de fournil-barbecue où des steaks végétaux et des galettes commencent à cuire grâce à la chaleur des flammes.
24-03-2023
Je marche cours Gambetta, on va faire une soirée dans la maison de Claire. Elle me sonne. J’appuie sur le bouton dans mon sac. Ça décroche. Mais le récepteur-micro est à 20 mètres de l’autre côté du trottoir dans un boîtier séparé : « – Allô, allô, allô, allô, allô, allô, tu m’entends, tu m’entends, tu m’entends, tu m’entends… j’étais en train de chercher qui a pris ma tablette… graphique, j’ai prêté ma tablette, à qui, je sais plus, j’ai envoyé des textos. – Tu viens toujours ce soir ? – Oui je viens toujours ce soir, je vais essayer de venir pour pas partir trop tôt… euh tard, et je me disais que comme ça puisque la maison est surélevée si jamais y’a une montée des eaux, pratique. » Je rejoins Malika près du café de l’Horloge, on promène la poussette. L’enfant est ronchon. On croise une dame avec une autre poussette, visiblement elle n’en est pas la maman. Les bébés s’ignorent alors qu’on essaye justement qu’ils se captent. La bouche de l’autre bébé est une sorte de pain aux raisins de lèvres avec quelques dents flanquées dans la torsade. « – Waw elle est née avec des dents ! » on dit. « Non, ce sont ses fils de rasoir. » nous répond la dame. « Elle a encore ses fils de rasoir, il va d’ailleurs falloir qu’on lui enlève».
02-08-2021
Le long d’une rivière très boisée, à Paris, des végétaux s’animent. L’eau coule entre les acacias, les chênes. Un branche de glaïeul coupée avance sur l’eau avec une énergie certaine. Parfois même, elle sort de la rivière et rampe sur un tapis d’humus, de feuilles en décomposition. Elle grimpe à un tronc, serpente, s’accroche à une branche et replonge. Ici, une fleur court se travestir en se faufilant dans une autre, inerte. Une stratégie de camouflage encore jamais observée. Dérivant sur les eaux calmes, cette végétation semble aller vers un objectif, déterminée. La ville commence à se révéler par un reflet. Dans les ondulations aquatiques, c’est l’image de la tour Montparnasse qui surgit. Puis je la vois directement, entre les branchages et les immeubles du premier plan. Les feuilles, les tiges, les iris échappent discrètement au flottement habituel de l’écoulement des flots.
01-03-2024
On a pas fait les courses pour la rentrée. J’arrive au collège comme ça, sans affaires, sans sac, sans rien.
05-04-2024
Dans un petit stade en ellipse entouré d’un grillage, , avec un bois en son centre, sol moelleux orangé granulé, strié de lignes blanches de démarcation. Je démarre la course, et après un ou deux tours, j’entre dans un état de transe. Beaucoup de plaisir à observer mes foulées rebondir étrangement, à sentir ma présence se mêler intimement à celle du lieu. Je prends la tangente et entre dans le bois. Interactions visuelles et gravitationnelles mélangées, traversées par la joie. Mes pas sont le sol, sont mes yeux, mes yeux sont le sol, du sol émanent mes pas, et je respire profondément poursuivant entre les arbres cette expérience de plénitude et d’harmonie.
29-03-2021
On entre dans une maison avec ma sœur pour y transmettre un chat roux clair à une femme, déjà en présence de deux chats. Elle a un distributeur de croquettes en bandoulière. Elle leur distribue d’une façon très professionnelle, en restant debout sans toucher ni les croquettes ni les chats avec les mains. La maison est vide d’éléments domestiques. Elle verrouille la gueule du chat roux juste avant qu’un homme entre et le récupère gentiment. Je leur souhaite une bonne mission, à l’homme et au félin, pensant que cette maison héberge et protège des chats qui accompagnent des hommes « sur le terrain ». L’homme, avec le chat dans les bras répond « ma mission du moment, c’est le weekend ».
18-02-2024
Je croise Laurène dans un rayon de supermarché, en train de faire ses courses. Elle est toute petite, toute grosse et toute noire. Elle me dit que c’est à cause de son régime de grossesse. Elle doit manger beaucoup d’avocats et se transforme elle-même en avocat.
27-11-2021
Dans le tram C, je me fais contrôler. Je présente ma carte d’identité, puis on me demande mon QR code. Je ne parviens plus à circuler dans mon téléphone, à mettre la main sur mon pass sanitaire. Ma recherche est lente. On est désormais allé plus loin que l’arrêt où je souhaitais descendre. Ils fouillent mes affaires sans me demander. Je ne trouve décidément pas la preuve de mon vaccin. Eux pensent que je fais exprès.
24-04-2021
Je suis avec Jean et Georgie. On est dans une vieille ville. Les bâtiments sont anciens. C’est une sorte de village labyrinthique. On est invités dans une maison luxueuse. Je me sens intimidée. Katu est avec moi. Il s’appelle Luca. Sa présence crée des contraintes dans le groupe. Il y a un garçon avec nous. Arrive Vava, sa présence m’est agréable. À un moment j’ai un bébé dans les bras, je sais que c’est le mien.