26-11-2025
Je tape deux bâtons entre eux. Entre eux et sur le sol. Tout en gravissant des marches. Je tape sur le sol deux bâtons, et entre eux. Je tape sur le sol tac tac tac tac, entre eux tic tic, tic tic, tac tac le sol tic tic entre eux, et je gravis les marches, tic tic, tic tic et les paliers d’un grand escalier creusé tac tac, tic tic dans une grotte, dans un pays chaud, tac tac tac tac et ce grand tunnel grimpe et s’ouvre sur un beau paysage sauvage. Je tape les bâtons en transe, terminant ma petite ascension. Quelques touristes passent à mes côtés, eux descendent. Je rejoins l’extérieur, découvre à 360° un panorama chaleureux. Fin de journée tombante sur de petits buissons, douceur de l’air ambiant. Je grimpe sur le sommet de calcaire qui surplombe la sortie de l’escalier creusé, et me cale pour contempler, éventuellement faire caca, trouver un coin pour dormir. J’aperçois des animaux au loin dont un petit diable rouge doucement à la dérive sur une branche en contrebas.
16-01-2025
Je ne comprends pas comment accéder aux salles d’emprunt de cette bibliothèque. Je tente d’utiliser en vain l’ascenseur-escalier en colimaçon et finis par demander de l’aide à l’homme de l’accueil. Il me fait une démo. J’actionne la manivelle comme il faut et arrive à l’étage, l’escalier tourné vers une sortie qui débouche dans un centre commercial. Je fais quelques pas, m’assoie dans un fauteuil roulant, admire le jeu des lumières projetées dans le faux plafond et m’approche de la vitrine d’un salon de coiffure. Plus loin une ouverture donne sur l’extérieur. Je retourne dans l’escalier, l’actionne et le fais tourner vers une seconde issue, côté bibliothèque. Plongée dans la pénombre, cette zone est une étroite mezzanine avec une rambarde bien frêle. Je manque de me crêper par dessus la balustrade. J’aperçois des gens qui consultent des livres et des estampes.
30-11-2022
On me force à jouer une pièce de Feydeau. Je n’ai jamais réussi à apprendre le texte et là, on me pousse sur scène, je balbutie quelques mots, morte de trouille, je tente de répondre aux répliques envoyées. C’est Hervé qui joue M. Follavoine et j’imagine que je suis supposée interpréter le rôle de madame. Les spectateurs se mettent à crier, à me huer, la tête me tourne, je m’entends réciter un texte qui n’est pas celui de Feydeau mais de Lagarce. Les spectateurs maintenant se lèvent et s’en vont par grappes, en manifestant ouvertement leur mécontentement. Tout à coup, la lumière baisse, le noir se fait sur le plateau, un noir d’encre, des craquements se font entendre dans les cintres, et maintenant on distingue les spectateurs qui se déplacent et tentent de sortir comme ils peuvent, dans un début de panique et de colère. Des cris, des propos injurieux à mon encontre, les autres acteurs immobiles, me regardent, incrédules… Alors, je m’enfuis à tâtons, je quitte la scène, en proie à une honte incommensurable, je parviens jusqu’à la loge, d’où, grâce au retour plateau, j’entends le brouhaha qui monte, de plus en plus véhément, j’attrape mon manteau, et j’attends, tapie derrière la sortie des artistes, pour pouvoir m’enfuir. J’ai peur qu’ils me lynchent, qu’ils me pendent dans les cordes comme dans ces images atroces d’hommes noirs suspendus dans les arbres des campagnes américaines.
11-11-2021
Vers La Brède, Langon, je suis la ligne bleue d’un GPS. À un rond-point, j’ai du mal à comprendre quelle direction je dois prendre. J’essaie la seconde sortie, la troisième. Finalement c’était la première. J’arrive après un trajet étonnement sinueux à destination. Il doit y avoir une erreur. Je cherchais une gare mais me retrouve entre des maisons, des clôtures, des baies vitrées. J’échange quelques mots rapides avec les habitants et repars sous un petite pluie.
29-04-2021
Je suis dans une soirée organisée dans une friche. Je ne connais pas cet endroit. Je suis ici à titre d’invitée. Il y a beaucoup de personnes, des grands couloirs. Je déambule. Je cherche Pascal du regard. Il est avec son frère, il porte un bermuda hawaïen. Je les retrouve dans plusieurs espaces. Il y a des espaces extérieurs que j’entrevois derrière des grillages, et des espaces intérieurs qui sont surtout de grands halls. Je m’approche de Pascal dans une cour, lui demande de l’attention et on se fâche. Je retourne déambuler en bas. J’arrive dans un espace de toilettes, douches, un peu inondé. De l’eau coule d’une installation de plomberie douteuse et un peu monstrueuse installée au plafond. Je préviens des personnes, qui me répondent qu’on est dans un lieu éphémère, qu’elles ne peuvent rien faire. Je vais vers la sortie et je me rends compte que le chemin est aussi inondé. C’est plus un torrent qu’un chemin. Un groupe se missionne. Il faut ouvrir un portail qui a l’air indéplaçable. On me donne des bonbons dont deux tombent par terre. Quelqu’un les ramasse et me les rends. Lorsque je les ai en main, ils se transforment en guimauve rose. Il nous faut ouvrir ce portail pour dégager un nouveau chemin. On s’y attèle.
12-03-2021
Dans le hall d’un cinéma parisien, avec Louis nous nous dirigeons vers la sortie mais décidons de recharger nos abonnements. Dans la file juste derrière nous, des quinquagénaires parlent de jeux vidéo. Ils cherchent une année. Je dis “1997”. On passe en caisse. D’abord Louis. Il en a pour 50 euros. Ça me semble très cher, je me dis que c’est Paris. À mon tour, je dois remplir un formulaire. Je demande un stylo au travailleur handicapé qui me fait face mais en trouve finalement un juste à côté de moi. Écrire la date est très laborieux, je rature beaucoup… je le fais remarquer au guichetier qui me confirme. On devine 21/03 et très épais et raturé 2017. Ça fait 20 euros.