21-10-2023

Mon tram est remplacé par un bus. À l’intérieur plein de sièges trop près les uns des autres (comment passer ?) et d’autres places immenses. Je choisis une place immense. Dedans, des étudiants de tous les pays. À côté de moi, un type métis doit avoir un crush sur moi (non réciproque). Il commence à jouer de la musique de vibrations labiales sur le haut de ma tête. Je me dis « technique de la musique crânienne ». Un étudiant passe faire un sondage des provenances. From where bla-bla-bla… Après avoir remballé mon voisin musicien, et entendu deux trois personnes répondre au sondage, je fais une blague à voix haute « I’m visiting Pessac and I am from Bordeaux ». Tout le monde m’a entendu, mais ça ne fait rire personne. Tant pis, le flop, je comprends que pour tout le monde ici Pessac s’appelle Bordeaux… Me voilà attelé à l’avant du bus. Je le tracte en courant, si bien qu’il roule aussi vite qu’un bus lambda. Parfois je repose mes pieds sur le pare-brise, j’ai un peu peur d’être écrasé, de basculer en dessous. On double un vélo.

06-04-2023

Confus, je traverse la ville de Nantes qui ressemble à Rennes. Les grandes places et les grands boulevards s’enchaînent dans l’ambiance d’un soir d’été. De temps à autre il y a des petits groupes de manifestants sur ces places et dans ces avenues. Des petits cortèges d’une trentaine de personnes. Je vois des amis un peu plus loin sur la place après la prochaine avenue. Durant la traversée de cette avenue il y a un groupe de manifestants qui est nassé sur un large trottoir du côté droit de la rue dans le sens de ma marche. Les flics qui les poussent les font avancer dans ma direction. Je ralentis pour me caler sur leur rythme. Et tout en repoussant ce petit cortège sur le large trottoir, les casqués obligent les manifestants à retaper ce même trottoir, à enlever les pavés, recouler du ciment, et remettre de nouveaux pavés qu’ils leur donnent en queue de cortège, le tout copieusement arrosé d’insultes. Ces insultes deviennent des cris d’agacement. Des cris d’agacement pour une raison simple. Le ciment n’a absolument pas le temps de sécher quand vient le tour des flics de marcher sur ce trottoir trop neuf. Leurs grosses bottes écartent les pavés fraîchement posés pour ensuite s’engluer, trébucher et chuter ridiculement entraînant par effet domino la chute d’autres flics. Malgré les déroutes, il sont suffisamment nombreux pour poursuivre cette action de rouleau compresseur de la voie publique le moins efficace de la planète. Cependant il y a quelque chose de fascinant dans cette persistance masochiste et dans les visages hébétés des flics de tête de cortège qui ne peuvent que constater que les flics de queue de cortège tombent comme des playmobils. Le temps d’arriver à la prochaine place, mes amis sont partis. Tant pis on continue le chemin jusqu’à se rendre chez Virginie pour prendre un café. Quand j’arrive, Virginie me montre un objet plat en forme de demi cercle. Cet objet s’ouvre comme un livre et je découvre alors un jeu d’échecs Pokémon. Le seul pion que je distingue est un Pikachu avec une couronne. Virginie me demande de ramener ce jeu chez moi pour un autre ami qui l’avait laissé traîner chez elle. Je retourne dans la rue pour rentrer chez moi.

23-04-2021

Dans le couloir d’un aéroport, j’aperçois Tiphaine sur un écran. Nous commençons alors une conversation. J’attrape une boîte en carton Air France disposée derrière moi sur une étagère de goodies. Je l’ouvre et y découvre deux têtes en latex perruquées dans un filet de nylon. L’une d’hôtesse de l’air, l’autre de stewart. Je me cache de la caméra et de l’écran, le temps d’enfiler le visage de l’hôtesse sur le mien, même si je ne parviens pas à bien le déballer. Je réapparais à l’écran, super fier de ma blague, mais c’est déjà l’heure que j’y aille pour ne pas être en retard. Bisous Tiphaine.

29-03-2021

On entre dans une maison avec ma sœur pour y transmettre un chat roux clair à une femme, déjà en présence de deux chats. Elle a un distributeur de croquettes en bandoulière. Elle leur distribue d’une façon très professionnelle, en restant debout sans toucher ni les croquettes ni les chats avec les mains. La maison est vide d’éléments domestiques. Elle verrouille la gueule du chat roux juste avant qu’un homme entre et le récupère gentiment. Je leur souhaite une bonne mission, à l’homme et au félin, pensant que cette maison héberge et protège des chats qui accompagnent des hommes « sur le terrain ». L’homme, avec le chat dans les bras répond « ma mission du moment, c’est le weekend ».

26-08-2020

Avec ma sœur, nous sommes dans la cour de notre ancienne maison à Talence, rue Marie. C’est une sorte de long chemin étroit en forme d’éclair. Ma sœur m’entraine vers le portail pour une histoire de poubelle, à sortir ou à rentrer… Arrivées au portail, nous sortons, et devant le rideau du garage voisin, une demi-douzaine d’amis aux visages inconnus sont attroupés comme un chœur de chorale. Ce sont des gens qui me sont chers. Ils sont tout sourire et me chantent une chanson d’anniversaire. Je suis trop contente.

30-11-2022

On me force à jouer une pièce de Feydeau. Je n’ai jamais réussi à apprendre le texte et là, on me pousse sur scène, je balbutie quelques mots, morte de trouille, je tente de répondre aux répliques envoyées. C’est Hervé qui joue M. Follavoine et j’imagine que je suis supposée interpréter le rôle de madame. Les spectateurs se mettent à crier, à me huer, la tête me tourne, je m’entends réciter un texte qui n’est pas celui de Feydeau mais de Lagarce. Les spectateurs maintenant se lèvent et s’en vont par grappes, en manifestant ouvertement leur mécontentement. Tout à coup, la lumière baisse, le noir se fait sur le plateau, un noir d’encre, des craquements se font entendre dans les cintres, et maintenant on distingue les spectateurs qui se déplacent et tentent de sortir comme ils peuvent, dans un début de panique et de colère. Des cris, des propos injurieux à mon encontre, les autres acteurs immobiles, me regardent, incrédules… Alors, je m’enfuis à tâtons, je quitte la scène, en proie à une honte incommensurable, je parviens jusqu’à la loge, d’où, grâce au retour plateau, j’entends le brouhaha qui monte, de plus en plus véhément, j’attrape mon manteau, et j’attends, tapie derrière la sortie des artistes, pour pouvoir m’enfuir. J’ai peur qu’ils me lynchent, qu’ils me pendent dans les cordes comme dans ces images atroces d’hommes noirs suspendus dans les arbres des campagnes américaines.

16-03-2023

Plan large sur un château. Pas un château français, plutôt vieux manoir écossais en pierres noires, tout défoncé par le temps. C’est l’ancien lieu d’habitation de l’auteur d’une série de livres à succès devenue série TV encore plus populaire. Je fais des visites guidées. La grande pièce du hall est la mieux entretenue. Un grand tapis rouge déboule des grands escaliers. Des lustres éclairent la pièce où plusieurs groupes de touristes scrutent soit les prospectus qu’iels tiennent, soit le haut plafond et ses lustres. Un groupe vient vers moi et me pose des questions sur l’auteurice de la série « Game of Thrones » et notamment sur ses influences. Ces influences, je les connais, juste incapable de les ressortir. J’improvise en parlant des tragédies shakespeariennes mais aussi de Dracula de Bram Stoker, l’aspect épistolaire de l’ouvrage me semblant un lien pas si con que ça avec la forme de récit chorale de « Game of Thrones ». Il faut faire la visite guidée. On entame donc le chemin qui va du hall aux remparts éclatés du château. Une certaine végétation vert-sapin a pris place. Des monticules de collines arrivent presque au niveau du haut des remparts, comme si le château s’était enfoncé dans le sol ou que la colline avait poussé. Il y a une attraction. Il s’agit de libérer une vache déguisée en dragon d’un enclos pour la mettre dans celui d’à coté. Des femmes travaillent pour le site touristique. Elles sont trois, une maquille les touristes, l’autre les prépare à faire pivoter un grand volet en bois servant à pousser l’animal d’un enclos à l’autre. Et la troisième prend une photo de ce joyeux bordel. Elles changent de rôle tout le temps en suivant le groupe de touristes qu’elles reçoivent. Quand j’arrive avec mon groupe, une des filles me dit qu’elle est malade et que je vais devoir la remplacer. Elle venait juste de terminer avec son groupe par la photo et a dévalé via un toboggan en coussin pour rejoindre le poste de départ et me confier un kit de maquillage. Faut surtout barbouiller les visiteurs avec de la poudre blanche pour qu’ils aient l’air de fantôme sur les photos. Et je dois porter un serre-tête d’heroic fantasy. Je tapote donc un cercle de coton avec de la poudre blanche sur le visage des touristes et on poursuit. Quand on arrive au « passage des dragons », le responsable animalier qui accompagne toujours les bêtes nous dit que c’est un moment rare et particulier puisque nous allons assister à la « reproduction des dragons ». Cet événement dépend de l’état hormonale d’un petit taureau. Le responsable animalier doit pouvoir assurer la pérennité des « dragons » du château, c’est dans son contrat. En m’expliquant tout ça il distribue des K-way aux touristes. Je lui demande quand même si c’est pas un peu dangereux. Si bien sûr, me dit-il, mais tout est sous contrôle. Le premier enclos s’ouvre et un petit taureau déguisé en dragon rentre dans l’espace, le responsable de la bête guide directement la grande planche pour rabattre l’animal vers un mannequin de reproduction que le bestiau s’empresse de grimper. Le responsable passe la tête au-delà de la planche pour vérifier que tout se passe bien, sauf que le dragon-taureau glisse du mannequin, cale un coup de corne sur le gadjo et arrose les touristes qui deviennent des fantômes gluants. Mais pas le temps de niaiser. Le responsable est KO et j’hurle sur le groupe de touristes de pousser la planche pour rabattre l’animal vers le deuxième enclos si on ne veut pas finir dans le coma. On pousse, ça marche. L’animal se dirige vers la seconde porte qui se referme après son passage. On ne fait pas la photo et nous partons pour l’hôpital.

30-05-2022

Des caves immenses, très hautes de plafond. On y descend par un escalier très long, très abrupt. L’an dernier, dans ce lieu, était élevé un taureau. J’ai arrêté de m’en occuper et il est sûrement mort de faim. En tous cas on ne le voit plus. À la première salle immense succèdent beaucoup d’autres salles où il fait très sombre. Elles ne sont pas cartographiées. Pour voir le taureau, il fallait attendre qu’il vienne dans la première salle, un peu plus lumineuse. On me confie l’élevage d’un ou plusieurs nouveaux taureaux. Je suis content et en même temps un peu ennuyé d’avoir laissé mourir un animal l’année précédente (ce que je suis le seul à savoir). Mais quand je veux descendre aux caves pour construire une clôture, je me rends compte qu’elles sont devenues dangereuses : un géant à tête de taureau y vit désormais. Je le sais, sans l’avoir vu. Je remonte des caves. J’arrive dans un grand hall luxueusement décoré, si haut de plafond que deux passerelles superposées le traversent, séparées l’une de l’autre de plusieurs mètres. Du plancher, en sautant, je m’accroche à la première et m’y hisse à la force des bras. La passerelle est très éclairée, fermée par des grilles ouvragées. Une moquette ou un tapis rouge en recouvre le sol, et des sortes de portiques rituels asiatiques, derrière lesquels on voit des portes pleines, en forment les extrémités. Je suis davantage en sécurité sur la passerelle qu’en bas, même si j’ai peur de voir arriver cet homme à tête de taureau, furieux… S’il passait la porte, il ne pourrait de toutes façons pas franchir le portique…

19-03-2023

Au cinéma Le Dietrich, je dois préparer une performance autour d’un travail déjà fait, la « Rivière au Sud ». Le directeur est Samuel de la Résidence Kennedy. Je suis terriblement en retard, je ne sais même plus à quoi ressemble le montage qui doit être projeté durant la performance, et j’ai l’intime conviction qu’il faut le retravailler. La performance est à 21h après la diffusion du film « El Varon », qui passe à 19h. Je sors de la séance précédente où j’y performais « Remonte et Cours » à 17h. De cette performance je ne me souviens que des sièges de la salle, avec l’éclairage tout particulier du projecteur. Je dois faire un atelier avec des mômes avant la performance. Ça va être tendu. Je monte au deuxième étage chercher du matériel, papier coloré, via un ascenseur tout miteux, style monte-charge. Il y a de grandes étagères en métal avec des chaines qui pendent style Silent Hill. Je farfouille, je farfouille. Samuel me rejoint et m’aide à trouver les fameux papier colorés. Je pense toujours au montage que je dois faire pour l’autre performance. Aucun souvenir des rushs que je dois utiliser, le cauchemar. Je pense y mettre un pingouin. J’ai aussi envie d’aller voir les autres étages au-dessus puisque j’ai un ascenseur à dispo, mais y’a le taff. Je redescends par des escaliers tout blancs. Les mômes des Couronneries sont dans l’accueil et font un bordel de fou. On sort pour se diriger dans une salle dans le bâtiment d’à côté. Dehors c’est ambiance « À tombeau ouvert » de Scorcese, en tout cas New-York avec fumées et lumières colorées. On fait l’atelier sur un présentoir sans entrer dans le bâtiment. Des dinosaures colorés. Je pense encore à mon montage et je sors mon ordi pour le travailler à coté tout en disant « c’est bien, c’est bien » aux gamins. On entend un grand son, une porte claque. Samuel sort dans la rue avec la gueule en sang. Une ambulance arrive, et on galère de fou pour faire rentrer un brancard trop grand dans la camionnette. On finit par découper le brancard avec une scie circulaire. Les gamins adorent les étincelles qui sortent de cet atelier qui passe de découpe de papiers à découpe de brancard. On arrive à enfourner Samuel dans l’ambulance. Tout le monde monte à l’intérieur et on file. Je regarde par la fenêtre derrière le camion, le cinéma, pas de performance et le reste de brancard dans la rue enfumée avec un feu rouge.

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