31-05-2022

Voilà le Machu Picchu ! C’est magnifique… Je ne savais pas qu’on trouvait un endroit si merveilleux sur Terre. Il y a un fragment de montagne volante, assez haut dans le ciel sur ma gauche. Je le vois à contre-jour, une présence ombragée. Sur l’une de ses tranches, cet amas triangulaire et minéral est ensoleillé. Variations de lumières et d’ombres intenses. Jour-nuit. Je frôle un autre pan du massif, un sommet gigantesque qui se confond avec le ciel, se dissout entre le bleu, les roches et les nuages. Cette montagne-ci est liée au sol par quelques points de contact très étroits. Je marche tout près d’un endroit où la base forme des arches. Si jamais cette montagne se renversait sur son flanc, d’ici je ne risquerais rien. Dans une cavité, je m’enfouis. Je mets mon masque en peau de visage d’animal, restant près de l’alcôve. S’approchent alors des Libanais venus de loin qui veulent savoir si la caroube permet… Une question de santé me semble-t-il… Je ne comprends pas bien leur interrogation, je réajuste mon masque et leur fais répéter… Non, vraiment, je ne comprends pas… 

28-05-2021

Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.

19-06-2021

Un grand trajet, très rapide, par des bus de pensées, de Saint-Médard-d’Eyrans à Talence, en passant par Villenave-d’Ornon, la route de Toulouse, des départementales, jusqu’à ce que j’entre dans un parc assis sur mon vélo. Le sol est en gravillons blancs. Je suis avec d’autres personnes à ma gauche, également à vélo. Je réalise soudain que je rêve et suis suffisamment engourdi pour ne pas m’éjecter et dissiper la scène. Je n’arrive pas bien à voir les gens à côté de moi ni le ciel et me concentre alors sur mon pédalier, mes jambes et le sol. Je décide de m’envoler. J’accélère et je cabre. Après deux ou trois essais infructueux mon vélo décolle. Ça ne va pas bien haut. Je m’accroche au guidon. La roue avant est plus haute que la roue arrière, ça penche.

17-04-2021

Je prends part à un rassemblement, qui a lieu dans un espace entre forêt et friche industrielle. Je suis entourée d’images et de sérigraphies. Elles sont en vente pour financer je ne sais quel projet. Je suis chargée de la vente. Tout est rangé dans un placard en métal, l’un de ces vieux placards indus que l’on trouve dans les bureaux des entreprises. Un collectionneur arrive. Je lui présente des images. Il souhaite en voir d’autres, qui sont difficilement accessibles. Je sors des affiches que j’ai créées il y a plusieurs années. Je suis un peu gênée de sortir ces impressions d’autant plus quand je comprends que ce n’est pas ce que recherche le monsieur. Je fouille mieux et je me rends compte que le placard dans lequel étaient les print en vente ne contient que des affaires à moi. Les autres sont définitivement inaccessibles.

23-04-2021

Je suis dans la librairie de François. C’est aussi un disquaire et une salle de concert. Je connais cet endroit. François m’accueille. J’arrive d’un grand périple lors duquel j’ai traversé des collines ainsi qu’une île. On discute, il me présente son amie. Puis il s’en va. Je sors devant chez lui et je croise Thierry et quelqu’un d’autre. Je décide d’aller faire un tour. On est dans les pentes de la Croix-Rousse. Les ruelles sont très étroites, remplies d’échoppes et de gens. Je décide de passer au-dessus de la ville qui se dessine en contrebas. Je veux faire une boucle en passant par la rue Burdeau et en revenant vers la rue Leynaud. Je connais ces pentes, ces rues, ce tour. Je commence à marcher quand je me rends compte que je n’ai pas fermé la porte de la grotte de François. Je fais demi-tour. François est rentré. Je lui dis que je viens juste de sortir. Il le sait déjà, il n’y a aucun souci. On prend des nouvelles l’un de l’autre. Nous fermons la grotte, François me dit qu’il travaille surtout dans son appartement. Son amie arrive.

06-04-2022

Une nouvelle arme dans une nouvelle guerre. Provoquant des dégâts inédits, un pays envoie des bombes à travers la croûte terrestre, via les antipodes du pays visé. Les bombes surgissent dans la rue et partout, par le sol. Tout est détruit, par les fondations.

26-03-2023

Dans une camionnette, L. conduit. on est à Jazeneuil, y’a d’autres personnes dans la voiture. Elle conduit bien mais très très vite et je ne suis pas attachée. J’ai un peu peur mais ça va. On traverse le centre du village, petites ruelles, rues blanches et propres. On se gare et on va voir des ami·exs à elle qui louent une ancienne banque, iels s’en servent d’atelier. Moquette grise et baies vitrées. Iels sont genre 10/12 à travailler ici. On me demande mon nom et mes pronoms, puis je papote avec une fille qui me parle d’une adaptation du film de Yoko Tsuno. Elle veut me prêter le dvd mais on ne le trouve pas. À la place je leur emprunte ou plutôt je leur vole des magazines people qui trainent. On me dit que J. travaille ici. Elle fabrique un immense pourtour de piscine en plâtre, je vois une vidéo d’elle sur un bateau, elle a fini sa pièce et a l’air super heureuse, il fait beau, elle boit une coupe de champagne. On sort de la banque et y’a des artistes de l’atelier qui font une perf dans la rue et dans les remparts. Iels ont des énormes masques en papier mâché et jouent une sorte de pièce de théâtre. Je trouve ça bof et je me demande comment les habitant·es accueillent leur présence et leur travail dans le village.

17-03-2021

Je suis à Toulouse, je marche vers chez Aïsha. Je suis dans la bonne rue, « rue d’Arcuse » et sors mon téléphone pour trouver dans l’historique de nos messages son numéro de porte. Leslie M. s’affiche sur mon écran, elle m’appelle. C’est sans doute la technicienne municipale que j’avais croisé en décembre, je ne sais pas ce qu’elle a à me dire, je ne réponds pas. L’immeuble d’Aïsha est au 53, je suis sur le trottoir de droite, à l’ombre, au niveau des premiers numéros de la rue… Je dois avancer, mais déjà la rue se termine, ou plutôt est interrompue, par un immeuble qui lui donne l’apparence d’une impasse. Je continue jusqu’à cet immeuble que je décide de traverser pour aller jusqu’à ma destination, de l’autre côté, dans la suite de la rue d’Arcuse. J’entre. Suit un petit escalier à gauche qui m’amène dans un hall. J’évite consciencieusement une dame âgée pour respecter les gestes-barrières. Il y a ici une standardiste, elle est âgée elle aussi. C’est l’accueil. Je sors de l’immeuble et me retrouve assis dans une voiture, dos à la conductrice et face à deux passagères âgées, heureuses d’être assises dans le bon sens. Une voix de transport en commun annonce « prochain arrêt : Canéjean », je me retourne alors et explique à la conductrice que je me suis trompé. On suit une grande boucle semblable à une entrée de rocade. Elle me dépose dès qu’elle peut, à l’entrée d’une carrière, sous les piliers en béton d’un pont. Je regarde sa voiture partir tout en vérifiant que j’ai toujours mon téléphone dans les poches de mon manteau. Je ne le retrouve d’abord pas, ça me panique, mais en ressens finalement la forme dans la poche près de mon cœur. Si je ne parviens pas à me réorienter, je vais prévenir Aïsha de mon égarement. Je grimpe quelques marches qui donnent sur une descente escarpée en calcaire. Une fente dans la surface du sol blanc beige solide poudreux pourrait me servir de toboggan naturel pour accélérer ma cadence. J’entreprends cette glissade salissante. Sur les côtés, des gens montent tandis que je descends sur ce sol rêche. Je me décale sur des reliefs calcaires à ma droite, me redresse et aperçois au loin mon objectif initial à l’horizon. Je distingue tout un pan de la ville, dont une tour, peut-être l’immeuble qui coupait la rue d’Arcuse en deux.

17-10-2020

Je fais une grande marche arrière, un peu rapide, sur une route inconnue… Je visite le chantier d’un immeuble à Bègles dans lequel je vais emménager dans quelques temps. Je me pense seule et souhaite en profiter pour prendre le bel ascenseur extérieur. Mais une femme arrive. Elle avait visité le chantier il y a plusieurs années, avec le projet de s’y installer également. Elle me dit que ça fait 10 ans, je pense 5. On se retrouve avec un groupe de gens autour d’une table, entre étage et rez-de-chaussée. Tout le monde est masqué sauf une fille qui a une visière en tissu qu’elle a elle-même confectionné, fixée à un cercle de bois, comme de la broderie, ou comme un abat-jour. Je dis « C’est super » et aux autres « J’ai envie de voir vos belles gueules, vos bouches ». On dirait une apicultrice. On se demande si c’est aux normes.

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