17-03-2024

Je traverse la cour d’une ferme jusqu’à un appentis. Une chèvre et un chat viennent à ma rencontre très affectueusement. Je perçois un troisième animal furtivement. Le chat part et revient avec un objet dangereux dans sa gueule. La chèvre l’imite, elle s’approche d’un poteau et décroche une machette flambant neuve avec un manche en plastique noir et jaune et un alliage de lames en inox clinquant.

01-03-2023

Je suis en consultation chez le médecin. Allongé sur la feuille de papier jetable, sur la table de consultation. Et sur le départ. Le médecin me tend un flacon d’huile essentielle de pensée sauvage. Déjà entamé mais il me le donne. Il en reste assez pour moi. Il est écrit 17.36 sur l’emballage, c’est peut-être le prix. « Et qu’est-ce que je vous dois pour la consultation ? » En me tenant la porte il répond « Pas le temps maintenant, mais je m’en occuperai plus tard, je vous enverrai ça. »

16-04-2021

Je suis avec un groupe de personnes, je ne sais qui. On a besoin de se réfugier dans un loft qui se trouve au dernier étage d’un immeuble. C’est chez François qui nous invite à entrer. Il y a des artistes. Ils viennent de gagner un prix. Ils travaillent dans le show business, et sont un peu pédants. Je ne les apprécie pas vraiment. François est très fier de les accueillir. Il y a aussi une partie de l’équipe du lieu unique. Et le lieu unique au fond, tout sombre, tout vide.

01-12-2021

Des images d’une émission de zapping défilent. L’enchaînement se conclut sur cette séquence : une femme a un triton qui lui descend sur la figure. Et tout en passant sur son front il pond. On voit un œuf de gélatine dans lequel on aperçoit un petit triton ou salamandre ou têtard tout englué. Des commentaires se font entendre Oh mon dieu tu as tellement de chance ! Mon dieu un triton t’a pondu sur la gueule ! Waw mon dieu tu te rends compte ? Quelle chance !

08-10-2020

Sur les quais, ambiance Bordeaux, Porto. C’est marée haute, des vagues énormes ! On est un groupe d’amis et de famille tout mélangé. Quelqu’un propose d’aller manger portugais. Tout le monde trouve ça super insolite et est d’accord. Malika, Patrick, les autres, tout le monde. Tout le monde, sauf une personne qui reste plantée là avec sa couronne et ses escarpins dorées : la reine ! Elisabeth refuse de manger portugais ! – Allez, insista l’un de nous qui avait sans doute faim. Allez, on y va ! C’est décidé ! Il n’en est pas question, répondit la reine. Je décidai d’intervenir : – Allez venez, c’est une cuisine très fine… Je négligeai d’ajouter la formule Sa majesté. Sans dire mot, la reine prit ses cliques et ses claques, m’obligeant de courir après. Elle faisait un caprice ! La petite dame trébucha et fit exprès beaucoup de bruit. Je la ramassai comme si elle était une poupée et nous entrâmes dans une maison, en direction d’une chambre. Feignant une migraine pour montrer qu’elle n’était pas contente, la reine se laissa tomber en arrière sur un lit couvert d’un édredon, doré comme la couronne sur sa tête, doré comme les chaussures à ses pieds qui dépassaient du bord du lit. Elle se ficha d’être allongée à moitié sur une bosse et ne s’inquiéta pas, bien sûr, que la bosse était un dormeur !

22-10-2021

Me voilà tel un vieil homme dans le désert. Je suis saisi Ah ! j’ai du sang dans la tête, j’ai mal. Je conclus. Voilà, c’en est fini. Alors je cherche une dernière posture. M’allonger… sur quels rochers ? Sur quel sable ? Un peu de confort et de réconfort, se détendre, se laisser partir, détendu…

21-12-2022

Je sors d’un hangar. Pour poursuivre mon chemin, je dois passer par une sorte de plateforme, une rampe semblable à un toboggan vu d’en bas, mais si incliné qu’elle finit carrément à la verticale. Il y a deux grands-mères qui s’apprêtent à faire la même escalade que moi. Ça m’inquiète pour elles. J’entends « Lucida a beau être vieille, elle est très agile ». Je passe quand même le premier, pour les dissuader si jamais ça me paraissait insurmontable. Arrivé dans la partie très inclinée, je manque de leur dégringoler dessus. « Non, mais vraiment, Lucida en est capable ». Alors je laisse les deux mamies me passer devant, en me disant que je pourrais leur faire une parade, retenir leur chute, si jamais.

01-11-2020

Je voudrais acheter un billet pour retourner à Toronto. Je suis à l’aéroport de Mérignac et je pense que je suis à découvert. Si « paiement refusé » s’affiche, ce sera fichu. Au bout d’un couloir arrondi j’entre dans une épicerie asiatique où deux beaux stands de fruits de mer s’agitent. Les poulpes sont vifs et se promènent autour de leurs cagettes presque en rigolant. Quelques oursins sur le stand voisin sortent de leurs bogues ou s’y ré-introduisent. Comme des châtaignes possédées par des litchis. Les vendeurs ont des billets d’avion à vendre. Mais nous mettons du temps à nous comprendre. Finalement ils n’ont que des billets pour des pays en guerre. Me voilà dans un avion. Déjà en vol. Je cherche une place confortable. Je change de fauteuil plusieurs fois jusqu’à trouver un strapontin orange qui me va. À peine trouvé, le pilote, avec un fort accent chinois ou coréen annonce calmement que nous allons procéder à la descente. Il reste une petite douzaine d’heures quand même ! Sa voix, très chaleureuse, franchement souriante, marque beaucoup de pauses inhabituelles, ce qui le rend amical et plein d’un suspens assez bizarre. Puis il explique, toujours très calmement, que « ce qui importe… finalement… c’est… la… structure… » Cette prise de parole décalée laisse tout le monde dans le trouble, perplexes, voire carrément anxieux. 

31-05-2022

Voilà le Machu Picchu ! C’est magnifique… Je ne savais pas qu’on trouvait un endroit si merveilleux sur Terre. Il y a un fragment de montagne volante, assez haut dans le ciel sur ma gauche. Je le vois à contre-jour, une présence ombragée. Sur l’une de ses tranches, cet amas triangulaire et minéral est ensoleillé. Variations de lumières et d’ombres intenses. Jour-nuit. Je frôle un autre pan du massif, un sommet gigantesque qui se confond avec le ciel, se dissout entre le bleu, les roches et les nuages. Cette montagne-ci est liée au sol par quelques points de contact très étroits. Je marche tout près d’un endroit où la base forme des arches. Si jamais cette montagne se renversait sur son flanc, d’ici je ne risquerais rien. Dans une cavité, je m’enfouis. Je mets mon masque en peau de visage d’animal, restant près de l’alcôve. S’approchent alors des Libanais venus de loin qui veulent savoir si la caroube permet… Une question de santé me semble-t-il… Je ne comprends pas bien leur interrogation, je réajuste mon masque et leur fais répéter… Non, vraiment, je ne comprends pas… 

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