30-11-2022
On me force à jouer une pièce de Feydeau. Je n’ai jamais réussi à apprendre le texte et là, on me pousse sur scène, je balbutie quelques mots, morte de trouille, je tente de répondre aux répliques envoyées. C’est Hervé qui joue M. Follavoine et j’imagine que je suis supposée interpréter le rôle de madame. Les spectateurs se mettent à crier, à me huer, la tête me tourne, je m’entends réciter un texte qui n’est pas celui de Feydeau mais de Lagarce. Les spectateurs maintenant se lèvent et s’en vont par grappes, en manifestant ouvertement leur mécontentement. Tout à coup, la lumière baisse, le noir se fait sur le plateau, un noir d’encre, des craquements se font entendre dans les cintres, et maintenant on distingue les spectateurs qui se déplacent et tentent de sortir comme ils peuvent, dans un début de panique et de colère. Des cris, des propos injurieux à mon encontre, les autres acteurs immobiles, me regardent, incrédules… Alors, je m’enfuis à tâtons, je quitte la scène, en proie à une honte incommensurable, je parviens jusqu’à la loge, d’où, grâce au retour plateau, j’entends le brouhaha qui monte, de plus en plus véhément, j’attrape mon manteau, et j’attends, tapie derrière la sortie des artistes, pour pouvoir m’enfuir. J’ai peur qu’ils me lynchent, qu’ils me pendent dans les cordes comme dans ces images atroces d’hommes noirs suspendus dans les arbres des campagnes américaines.
13-03-2024
J’attends mon tour à la caisse d’un supermarché. Une poussette avec un enfant dedans heurte brusquement la vitrine du magasin depuis l’extérieur et explose.
16-04-2021
Je suis dans un espace sauvage, bordé d’arbres. Quelqu’un me dit qu’il faut rentrer. Ça m’est impossible car Katu est ici. Il est redevenu sauvage et court très vite avec d’autres chats. Je les vois filer dans tous les sens. La nuit tombe. Katu passe à côté de moi, je tends les bras et arrive à l’attraper. Je l’approche de moi en le cajolant. Il est tout maigre.
25-01-2021
Je demande à manger à un chinois dans la rue du Pas-Saint-Georges. Je suis avec ma nièce. Elle, elle voudrait des frites. Le chinois ouvre une petite armoire à même la terre, dans laquelle des branches coupées et des tas de feuilles de litchis sont empilés tissés tressés, et il y a dedans des sortes de cocons. Il dit que c’est mieux de les conserver ainsi, surtout en été.
06-10-2021
Un garçon essaie de démarrer son vélo électrique au début du cours Victor Hugo. Il doit s’assoir à l’arrière après avoir posé son pied sur une sorte de batterie installée au niveau d’un chariot. Puis se tracter vers la selle, un pied en équilibre. N’y arrivant pas il demande de l’aide à un petit groupe de gens pas loin de moi.
11-03-2021
Avec mon ostéopathe, je traverse une forêt tropicale humide. Je suis pieds nus. Puis elle me manipule. Je lui confie alors que je suis particulièrement attentif à certaines zones de mon corps ces temps-ci, depuis qu’une amie – ayant démarré une formation d’ostéopathie, et n’en étant encore qu’aux hanches et au crâne – m’a expliqué qu’une “tente de fibres” partait de l’intérieur des tempes jusqu’au sommet de la tête pour tenir le cerveau.
19-06-2021
Un grand trajet, très rapide, par des bus de pensées, de Saint-Médard-d’Eyrans à Talence, en passant par Villenave-d’Ornon, la route de Toulouse, des départementales, jusqu’à ce que j’entre dans un parc assis sur mon vélo. Le sol est en gravillons blancs. Je suis avec d’autres personnes à ma gauche, également à vélo. Je réalise soudain que je rêve et suis suffisamment engourdi pour ne pas m’éjecter et dissiper la scène. Je n’arrive pas bien à voir les gens à côté de moi ni le ciel et me concentre alors sur mon pédalier, mes jambes et le sol. Je décide de m’envoler. J’accélère et je cabre. Après deux ou trois essais infructueux mon vélo décolle. Ça ne va pas bien haut. Je m’accroche au guidon. La roue avant est plus haute que la roue arrière, ça penche.
27-11-2022
Sur l’avenue qui longe la Seine à Andrésy nous marchons avec Benjamin. C’est la nuit, la discussion est agréable, animée. Soudain une voix nous interpelle : c’est celle d’une jeune femme aux yeux et cheveux clairs, look de punkette. Depuis sa Renault Espace garée dans le virage après la maison du Moussel, la conductrice a baissé la vitre passager pour nous parler. L’obscurité est profonde, nous ne l’avions pas vue. Je m’inquiète de cette grosse voiture garée tous feux éteints dans ce virage sombre. Mon ami devient un jeune homme au style lui aussi vaguement punk. Il semble avoir rendez-vous avec la jeune femme. Il s’agit de lui acheter une autre voiture, rouillée, presque une épave. Il n’est ni question de carte grise ni d’autres formalités, seulement d’une somme modeste payée en espèces. Bientôt je me retrouve au volant de l’épave avec mon jeune ami. Elle penche d’un côté et de l’autre. Assez vite, je me gare sur un terrain vague pour lui passer le volant. Il se rend compte de l’état de la voiture et décide de faire demi-tour pour retrouver la punkette. Nous la rattrapons rapidement. Elle marche vers le centre-ville. Mon ami veut annuler la transaction.
02-08-2021
Le long d’une rivière très boisée, à Paris, des végétaux s’animent. L’eau coule entre les acacias, les chênes. Un branche de glaïeul coupée avance sur l’eau avec une énergie certaine. Parfois même, elle sort de la rivière et rampe sur un tapis d’humus, de feuilles en décomposition. Elle grimpe à un tronc, serpente, s’accroche à une branche et replonge. Ici, une fleur court se travestir en se faufilant dans une autre, inerte. Une stratégie de camouflage encore jamais observée. Dérivant sur les eaux calmes, cette végétation semble aller vers un objectif, déterminée. La ville commence à se révéler par un reflet. Dans les ondulations aquatiques, c’est l’image de la tour Montparnasse qui surgit. Puis je la vois directement, entre les branchages et les immeubles du premier plan. Les feuilles, les tiges, les iris échappent discrètement au flottement habituel de l’écoulement des flots.