14-03-2022
À petits pas je marche, tournant en rond, d’avant-arrières, mon téléphone à l’oreille. J’écoute les nouvelles du monde. Deux pays du sud-est de l’Europe viennent de connaître une série d’événement internes (émeutes, coups d’états, etc.) qui vont les fragiliser, risquant de les entraîner dans le sillage de la guerre en Ukraine.
01-03-2023
Je suis en consultation chez le médecin. Allongé sur la feuille de papier jetable, sur la table de consultation. Et sur le départ. Le médecin me tend un flacon d’huile essentielle de pensée sauvage. Déjà entamé mais il me le donne. Il en reste assez pour moi. Il est écrit 17.36 sur l’emballage, c’est peut-être le prix. « Et qu’est-ce que je vous dois pour la consultation ? » En me tenant la porte il répond « Pas le temps maintenant, mais je m’en occuperai plus tard, je vous enverrai ça. »
06-04-2025
Arrivant sur mon vélo, près d’une intersection sous un pont, je suis étonné par un bébé nu et poilu, sur le dos du cycliste devant moi, qui l’empêche de redémarrer en s’agrippant fortement à un feu rouge. Il porte deux autres enfants dans un attelage bien périlleux. Un clochard qui zone par-là, décroche la main du bébé du signal tricolore. Et ils repartent. Une dame avec une coupe au bol blonde me rejoint à mon niveau sur son propre vélo et nous tournons en même temps à droite. Nous échangeons deux mots sur les questions capillaires, et nous retrouvons assis chez le premier coiffeur qui vient. Le coiffeur turc m’invite à m’installer près de l’angle, où trois places libres font face au miroir près de la vitrine. Des gens me reconnaissent à travers et crient mon prénom comme si j’étais une star : C’est Jean ! Regardez, c’est Jean ! Puis nous passons dans une seconde salle pour la suite de ma coupe. Le coiffeur, par-dessus ma tête, réagit à mon étonnement lorsque je vois surgir son collègue en string et tablier. C’est Nathalie ! Un troisième coiffeur apparaît face à moi, et débordant de désir il me dit : J’ai très envie de bulbe. Gêné je décline et montre du doigt vers ma gauche : Nathalie, peut-être ?
24-02-2024
Dans la vallée de la Cère, deux grandes collines se retrouvent, et en bas il y a une grande rivière, et au rocher du peintre, il y a des enfants à peu près de mon âge qui font la queue, et je leur demande pourquoi. Ils me disent qu’ils essaient de voir s’ils savent voler, et ils sautent, et la fille devant moi, elle aussi saute et n’arrive pas à voler. Du coup elle tombe dans la rivière. Je leur dis « mais c’est pas comme ça qu’il faut faire ! » et je leur explique qu’on est dans un rêve et qu’on peut faire ce qu’on veut. Du coup je saute et je vole.
18-04-2021
Je suis dans un rassemblement familial auquel participent aussi des ami-es. Mon père est très présent. Il y a deux chats, dont un que j’ai abandonné. Je m’en veux. Je l’ai laissé au bord d’une route, proche d’un centre commercial, attaché à un poteau. Je passe une première fois et je le détache. Je l’emmène avec moi en la câlinant. À l’intérieur de la maison, il monte aux rideaux. Escalade impressionnante. Ça ne plaît pas à mon père qui ne veut pas qu’il reste. Je lui dit que c’est injuste. On prépare un repas. Une grande table est dressée. Mickaël est sur un divan. Il joue à la console. Il manque du pain. Je propose d’aller en chercher avec Mickaël. On prend une voiture. On roule sur des boulevards, on traverse des zones industrielles, puis on arrive à une boulangerie qui se trouve dans une foire foraine. Je sors chercher du pain et demande de l’argent à mon oncle qui a pris la place de Mickaël. Il me tend quelques piécettes rouges, et un papier. Il y a beaucoup d’attente, une longue file de personnes devant moi. Je passe devant trois jeunes femmes qui me le font remarquer. Selon moi, ce sont elles qui sont passées devant moi. Toujours est-il que l’une d’entre elle passe de nouveau devant moi, en me poussant gentiment vers l’arrière. Un écart se crée entre nous deux et les autres personnes de la file. En riant, elle passe sa main sur mes fesses, et me pousse de nouveau. Je ris aussi puis je me rends compte que l’accès à la boulangerie est libre. Je monte des escaliers et arrive dans la boulangerie. Au moment de payer, je sors de ma poche le papier que m’a remis mon oncle. C’est une sorte de bon écrit dans une langue étrangère. Il est tamponné. Je sors aussi d’autres papiers dont des photographies qui intéressent beaucoup la boulangère. Elles sont empreintes de nostalgie. Réminiscence d’un jeune homme qui aurait été mon amoureux, un lien entre la boulangère et moi. Je décide de mettre fin à ce moment en sortant les pièces que m’a remises mon oncle. La boulangère les examine. Ce sont des pièces étrangères elles aussi. Je sais qu’elles ont peu de valeur.
27-01-2025
Avec mon équipe, dans une salle de notre bâtiment qui donne sur la Garonne quai de Brazza, on aperçoit une fumée noire plasmique. Le nuage épais se développe brusquement et en silence, traversé de flammes compactes, au-dessus de l’usine chimique de la troisième rive, artificielle et perpendiculaire au fleuve. Quelques minutes plus tard nous entendons une explosion. Je m’approche des fenêtres pour les fermer une à une. J’explique à mes collègues qu’il ne faut pas inhaler d’air toxique, et vite tout calfeutrer, même si on suffoque déjà.
06-03-2024
On est dans un bus. Le bus s’arrête en pleine forêt. La maitresse m’abandonne. Le bus repart et je n’arrive pas à retrouver mon chemin.
18-03-2023
En altitude, regard plongeant, je vois du thé noir tomber à travers des nuages sombres. Je rejoins le tourbillon de feuilles dans sa dégringolade spiralique et m’étale sur une aile d’avion.
03-05-2021
Je suis dans un immeuble, je passe d’appartement en appartement. Il est en mauvais état, pas vraiment habitable. Un Dj est invité à passer de la musique dans une radio dance-club. Il vient d’Europe de l’Est, il est avec sa famille réfugiée. Ils squattent l’immeuble. Dans un étage qui est à moitié démoli, se trouvent des enfants assis, leurs jambes pendent dans le vide. Je dois ranger une bassine pleine de colle. Je me retrouve assise avec Lou sur un parterre d’herbe. Une enfant gitane est avec nous. Elle est sous la protection de Lou qui l’exhibe de manière un peu maladroite en racontant que la petite, après avoir vu une émission sur France 3, est tombée amoureuse d’un réfugié de 14 ans et a téléphoné à la chaîne de télévision pour le retrouver. Lou met en avant la décontenance de la personne qui a décroché le téléphone. C’est un peu humiliant pour la petite.