22-02-2026
Situation professionnelle, je pars aux toilettes. Après avoir choisi parmi différentes icônes l’option qui me semble la plus appropriée, j’entre dans une pièce pissotière. Mais il n’y a personne, ça devrait aller. Qui a construit le mur de séparation aussi bas ? Il m’arrive à la hanche, on voit les pièces à pisser, laver, sécher, voisines. Ayant à peine essayé de me mettre à l’aise, je sors et croise quelques collègues en chemin, devant l’entrée des toilettes, s’apprêtant à y aller en groupe sans gêne, en grappe. Sur le devant littoral, à l’extérieur presque plage, je poursuis quelques pas avant d’apercevoir un homme qui a l’air triste. Assis sur un banc, il tient d’une longue laisse un chien qui se promène tout calmement. Je vérifie, il a l’air triste d’une tristesse qui le fait ressembler exactement à ma mère. Tous les passants l’ignorent. Je passe à son niveau, lui accorde de l’attention et en souriant lui dis qu’il ressemble à ma mère.
05-03-2024
On est tous a la récré, tous les CM2 et soudain, Lina S_ se fait poignarder par un monsieur. Il a une cagoule, on voit pas sa tête. Avec trois copines, on va se bagarrer contre le monsieur. Léa lui casse le bras. La maitresse me dit d’aller vite à la gendarmerie pour le dire. J’ai mon téléphone dans mon sac, j’appelle ma mère, elle me répond pas. J’appelle mon père qui me dit : « Viens vite à la maison on mange un couscous »… Au tribunal, à Bordeaux, je suis près des juges. Y’a tous les CM2 derrière, et y’a un carré avec le monsieur dedans, qui a toujours sa cagoule. Et la famille de Lina est là derrière. Le monsieur dit qu’il a pas fait exprès. Je m’énerve « t’as pas fait exprès, t’as pris un couteau dans la cantine et tu l’as poignardée ! » Je prends ensuite la place du juge et je feuillette un dossier où il y a une photo du monsieur. Et là, je vois, c’est monsieur M., le directeur de notre école.
08-03-2023
Je suis invité à participer à un festival de musique électronique à l’église Saint-Eustache à Paris. Le public est déjà là mais ne s’attend pas à ce que le concert commence. J’attaque. Une pièce très virtuose jouée à l’orgue. La tribune est décentrée vers la gauche de la nef et communique avec l’extérieur. Plusieurs consoles de cinq ou six mètres de haut en forme de demi-cercles ou de polygones abritent de nombreux claviers, des synthétiseurs, des machines. Elles sont placées sur roulettes et chaque artiste pourra déplacer sa console dans la nef pour sa prestation. Malgré leur taille imposante elles peuvent rouler très facilement. Elles me font penser aux premiers synthétiseurs qui occupaient des meubles entiers, bien plus hauts que les ingénieurs qui les manipulaient.
22-04-2020
Je suis rive droite, sur les berges. L’eau est juste là, facilement accessible, elle a l’air douce et calme, presque sans courant. Je reconnais cette courbe caractéristique, le méandre autour duquel la ville s’organise. Je me glisse dans l’eau. Il fait beau. Les façades des bâtiments de la rive gauche sont une sensation invisible. Tout, à l’horizon, est bas. Je nage dans une eau blanchie, comme par des limons calcaires et doux. Je suis le seul nageur, c’est très agréable. Je nage tranquillement, vers le sud. Mais je remarque une petite caméra flottante qui me suit. Une présence, comme téléguidée, dans mon sillage. Je m’arrête, je pense que j’ai pieds. Le fleuve ressemble à une fabrication plus qu’à une chose naturelle. J’attrape cette caméra, je la jette, pour reprendre aussitôt ma brasse sans être traqué. Quelques mètres plus loin, je réalise que je suis toujours suivi. Aux abords d’une sorte de muret, le niveau de l’eau diminue. Je décide de m’y planquer. Heureux de ma ruse, je jette un œil à la petite coque de plastique waterproof. Elle est stoppée, s’embourbe dans des volutes d’air qui se mêlent aux eaux du fleuve. Elle ne parvient pas à me suivre jusqu’ici, elle patine, elle s’étouffe. Je vois l’œil de l’objectif à travers une couche de plexiglas. Cette machine ressemble à un œuf, une sorte de drone aquatique.
23-04-2021
Mon père me ramène en voiture. Juste avant le pont Gambetta, après l’arrêt de tram Roustaing, nous nous apprêtons à tourner rue Linuit mais décidons de passer par un autre itinéraire. Mon père emprunte une voie sur la gauche à laquelle je n’avais jamais fait attention. Elle mène à un pont qui passe entre deux grillages puis se prolonge au-dessus d’un champ. Un peu plus loin, il passe au-dessus de la rocade. Ce pont parallèle est gigantesque, à embranchements multiples, ça m’impressionne. La voiture n’est plus qu’un châssis supportant nos fauteuils, et le chemin se poursuit dans une vrille par-dessus la rocade puis l’eau, la frôlant. Je m’inquiète pour nos affaires. Mon père me rassure “Il n’y a pas à s’inquiéter. Il faut faire confiance à la force centripète.” Nous avons avec nous, sur les fauteuils, des papiers dans des chemises transparentes, des lunettes mais aussi un parpaing. Par deux fois, les papiers tombent à la surface de l’eau. Je réussis à les rattraper en tendant les bras la première fois, puis carrément en me contorsionnant entre les pilotis d’un ponton en bois sur lequel nous nous réceptionnons. Je sors de ce ponton par un toboggan rouge et mon père par un escalier.
02-08-2021
Le long d’une rivière très boisée, à Paris, des végétaux s’animent. L’eau coule entre les acacias, les chênes. Un branche de glaïeul coupée avance sur l’eau avec une énergie certaine. Parfois même, elle sort de la rivière et rampe sur un tapis d’humus, de feuilles en décomposition. Elle grimpe à un tronc, serpente, s’accroche à une branche et replonge. Ici, une fleur court se travestir en se faufilant dans une autre, inerte. Une stratégie de camouflage encore jamais observée. Dérivant sur les eaux calmes, cette végétation semble aller vers un objectif, déterminée. La ville commence à se révéler par un reflet. Dans les ondulations aquatiques, c’est l’image de la tour Montparnasse qui surgit. Puis je la vois directement, entre les branchages et les immeubles du premier plan. Les feuilles, les tiges, les iris échappent discrètement au flottement habituel de l’écoulement des flots.
09-10-2021
J’entre dans un tunnel avec des gens. Il y a un grand couloir de plusieurs kilomètres que l’on va remonter. Quelqu’un est à cheval. Dans la main, je tiens une frange métallique que j’agite devant un projecteur lumineux de discothèque, mais ça ne produit pas beaucoup de reflets, ça me déçoit. On me dit que j’aurais pu le faire sur un vélo, ce trajet. On entame la course. Je demande au cavalier si il va trotter ou galoper (je dis d’abord galoter et me corrige). Dans le couloir, il y a différentes sections, toutes de la même taille, séparées par des portes entrouvertes grillagées. Des choses sont parfois entreposées sur la droite, des tubes, du métal, etc. Je tape dessus en passant et c’est musical.
19-03-2023
Au cinéma Le Dietrich, je dois préparer une performance autour d’un travail déjà fait, la « Rivière au Sud ». Le directeur est Samuel de la Résidence Kennedy. Je suis terriblement en retard, je ne sais même plus à quoi ressemble le montage qui doit être projeté durant la performance, et j’ai l’intime conviction qu’il faut le retravailler. La performance est à 21h après la diffusion du film « El Varon », qui passe à 19h. Je sors de la séance précédente où j’y performais « Remonte et Cours » à 17h. De cette performance je ne me souviens que des sièges de la salle, avec l’éclairage tout particulier du projecteur. Je dois faire un atelier avec des mômes avant la performance. Ça va être tendu. Je monte au deuxième étage chercher du matériel, papier coloré, via un ascenseur tout miteux, style monte-charge. Il y a de grandes étagères en métal avec des chaines qui pendent style Silent Hill. Je farfouille, je farfouille. Samuel me rejoint et m’aide à trouver les fameux papier colorés. Je pense toujours au montage que je dois faire pour l’autre performance. Aucun souvenir des rushs que je dois utiliser, le cauchemar. Je pense y mettre un pingouin. J’ai aussi envie d’aller voir les autres étages au-dessus puisque j’ai un ascenseur à dispo, mais y’a le taff. Je redescends par des escaliers tout blancs. Les mômes des Couronneries sont dans l’accueil et font un bordel de fou. On sort pour se diriger dans une salle dans le bâtiment d’à côté. Dehors c’est ambiance « À tombeau ouvert » de Scorcese, en tout cas New-York avec fumées et lumières colorées. On fait l’atelier sur un présentoir sans entrer dans le bâtiment. Des dinosaures colorés. Je pense encore à mon montage et je sors mon ordi pour le travailler à coté tout en disant « c’est bien, c’est bien » aux gamins. On entend un grand son, une porte claque. Samuel sort dans la rue avec la gueule en sang. Une ambulance arrive, et on galère de fou pour faire rentrer un brancard trop grand dans la camionnette. On finit par découper le brancard avec une scie circulaire. Les gamins adorent les étincelles qui sortent de cet atelier qui passe de découpe de papiers à découpe de brancard. On arrive à enfourner Samuel dans l’ambulance. Tout le monde monte à l’intérieur et on file. Je regarde par la fenêtre derrière le camion, le cinéma, pas de performance et le reste de brancard dans la rue enfumée avec un feu rouge.
25-02-2024
C’est la lagune où j’étais venu enfant, pas loin de chez tonton Jean. Vers là-bas l’océan, maintenant c’est tout construit. Oh, une sauterelle ! Je peux la nourrir en l’attrapant, sur sa feuille, et en l’approchant d’insectes.