04-11-2024
Après avoir franchi le préau carré de la mosquée, je passe scrupuleusement l’aspirateur dans son hall de béton moderne. Deux femmes que je reconnais s’apprêtent à entrer, avec hésitation, dans la salle de prières, jusque dans les pièces de réception et les appartements privés du supérieur religieux local. Passant à côté d’elles, je leur adresse la parole et leur déconseille. D’accord, mais dans ce cas, vous devez y aller à notre place ! Ce à quoi j’obéis, sans discussion. J’entre dans une première pièce, c’est tout alambiqué. Plusieurs pièces se succèdent et mènent à un étage. Dans la seconde pièce, je trouve des flyers en arabe et en touche deux mots aux femmes à travers la fenêtre. Je continue vers l’étage où un biscuit rond déjà croqué est posé sur un paquet abandonné. J’hésite à le croquer pour de bon, mais en choisis un entier dans le paquet, pour plus de discrétion. Le biscuit à la main, voleur, je descends l’escalier et croise alors droit dans les yeux, monsieur l’imam qui revient dans ses appartements.
18-04-2021
Je suis dans un rassemblement familial auquel participent aussi des ami-es. Mon père est très présent. Il y a deux chats, dont un que j’ai abandonné. Je m’en veux. Je l’ai laissé au bord d’une route, proche d’un centre commercial, attaché à un poteau. Je passe une première fois et je le détache. Je l’emmène avec moi en la câlinant. À l’intérieur de la maison, il monte aux rideaux. Escalade impressionnante. Ça ne plaît pas à mon père qui ne veut pas qu’il reste. Je lui dit que c’est injuste. On prépare un repas. Une grande table est dressée. Mickaël est sur un divan. Il joue à la console. Il manque du pain. Je propose d’aller en chercher avec Mickaël. On prend une voiture. On roule sur des boulevards, on traverse des zones industrielles, puis on arrive à une boulangerie qui se trouve dans une foire foraine. Je sors chercher du pain et demande de l’argent à mon oncle qui a pris la place de Mickaël. Il me tend quelques piécettes rouges, et un papier. Il y a beaucoup d’attente, une longue file de personnes devant moi. Je passe devant trois jeunes femmes qui me le font remarquer. Selon moi, ce sont elles qui sont passées devant moi. Toujours est-il que l’une d’entre elle passe de nouveau devant moi, en me poussant gentiment vers l’arrière. Un écart se crée entre nous deux et les autres personnes de la file. En riant, elle passe sa main sur mes fesses, et me pousse de nouveau. Je ris aussi puis je me rends compte que l’accès à la boulangerie est libre. Je monte des escaliers et arrive dans la boulangerie. Au moment de payer, je sors de ma poche le papier que m’a remis mon oncle. C’est une sorte de bon écrit dans une langue étrangère. Il est tamponné. Je sors aussi d’autres papiers dont des photographies qui intéressent beaucoup la boulangère. Elles sont empreintes de nostalgie. Réminiscence d’un jeune homme qui aurait été mon amoureux, un lien entre la boulangère et moi. Je décide de mettre fin à ce moment en sortant les pièces que m’a remises mon oncle. La boulangère les examine. Ce sont des pièces étrangères elles aussi. Je sais qu’elles ont peu de valeur.
17-10-2023
Depuis ma fenêtre rue du Pas-Saint-Georges, on aperçoit deux jeunes, fille et garçon style étudiant émo K-pop, qui s’assoient au bord du toit d’en face. Mais aussitôt, la fille tombe, quatre étages. Le garçon, choqué, se penche pour regarder et glisse à son tour. Dans mon salon, on est aussi sous le choc. On jette un œil. Assez de monde en bas, on descend pas. Peur d’être inutiles, de participer à la panique. Un peu après, on descend pour autre chose. On voit pas la fille, et le garçon est affalé au sol mais frétille légèrement comme de brefs spasmes. On comprend qu’il y a un concert place Caju, c’est sans doute ça qu’ils essayaient de voir depuis les tuiles. Nous on va vers un truc que Loloche veut me montrer. Dans la rue sur une placette un peu plus loin, elle et des amies à elle ont entreposé un bureau sur lequel (et à l’intérieur duquel) elles stockent des trucs, des chouchous, des paillettes, des petits bouts de plastique.
22-10-2021
Me voilà tel un vieil homme dans le désert. Je suis saisi Ah ! j’ai du sang dans la tête, j’ai mal. Je conclus. Voilà, c’en est fini. Alors je cherche une dernière posture. M’allonger… sur quels rochers ? Sur quel sable ? Un peu de confort et de réconfort, se détendre, se laisser partir, détendu…
26-03-2023
Dans une camionnette, L. conduit. on est à Jazeneuil, y’a d’autres personnes dans la voiture. Elle conduit bien mais très très vite et je ne suis pas attachée. J’ai un peu peur mais ça va. On traverse le centre du village, petites ruelles, rues blanches et propres. On se gare et on va voir des ami·exs à elle qui louent une ancienne banque, iels s’en servent d’atelier. Moquette grise et baies vitrées. Iels sont genre 10/12 à travailler ici. On me demande mon nom et mes pronoms, puis je papote avec une fille qui me parle d’une adaptation du film de Yoko Tsuno. Elle veut me prêter le dvd mais on ne le trouve pas. À la place je leur emprunte ou plutôt je leur vole des magazines people qui trainent. On me dit que J. travaille ici. Elle fabrique un immense pourtour de piscine en plâtre, je vois une vidéo d’elle sur un bateau, elle a fini sa pièce et a l’air super heureuse, il fait beau, elle boit une coupe de champagne. On sort de la banque et y’a des artistes de l’atelier qui font une perf dans la rue et dans les remparts. Iels ont des énormes masques en papier mâché et jouent une sorte de pièce de théâtre. Je trouve ça bof et je me demande comment les habitant·es accueillent leur présence et leur travail dans le village.
15-06-2022
Le soleil gonfle. Il va encore gonfler, gonfler, engloutir tout calmement. On est un groupe dans une cuisine à l’étage d’une tour moderne, vitrée. Et voilà, il s’approche tellement que ça y est. La corolle de magma pénètre par la fenêtre. Et si on se faisait un câlin pour ce dernier instant ?
28-05-2021
Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.
02-05-2021
Je suis en voyage avec Céline. Nous croisons John et aussi Quentin, avec qui j’ai une affaire en cours. Je retrouve Céline près de sa voiture. Elle est avec Camille. Céline me dit que Camille parle peu. La voiture démarre. Arrêt dans une station-service. Camille va chercher une boisson. Je suis sur le parking d’un centre commercial avec Céline. On remonte en voiture, Céline et moi. Autoroute, goudron, béton. On suit une voiture chenille. On entre dans un nouveau parking, en souterrain, et je dois conduire la voiture qui me paraît très grande. On entre dans un appartement qui nous est prêté. J’ai à ce moment là le sentiment de devoir choisir entre deux choses dont j’ai envie : être avec Céline ou être avec Quentin et ses amis. Lou arrive et je vais avec elle acheter des victuailles dans un supermarché dans lequel tout est cheap et un peu mal rangé. On cherche les rayons « nourriture ». On traverse surtout des rayons d’objets. Des objets neufs qui se transforment en objets de seconde main. Mon regard s’arrête sur des piles de vieux Tintin qui sont rangés dans de vieilles armoires.
07-04-2024
On est assis sur un balcon face à la Garonne, on voit aussi des bâtiments sur l’autre berge. Une forme oblongue apparaît dans le ciel, entre les nuages, et tombe dans le fleuve. Et aussitôt une autre un peu plus loin. Je cherche à me convaincre de ne pas avoir vu ce que j’ai vu. Quelques secondes de flottement et un entrepôt explose puissamment sur la rive opposée. Stupéfaction !