22-08-2020
J’attends le tramway parmi une foule bondée. Ma destination ne me préoccupe absolument pas. Pour éviter la cohue qui se prépare contre le véhicule, je décide d’aller d’un pas vif vers la station précédente. Je suis tout fier de mon stratagème. Il n’y a hélas pas moins de monde à cet arrêt. À l’intérieur d’une rame, debout entre deux duos de deux sièges. Une femme d’une cinquantaine d’année est masquée et assise. Je regarde le fauteuil vide à côté d’elle. Je croise son regard ; elle me fait signe de m’assoir, l’air de dire « ça suffit, c’est déjà pas mal ça » elle me montre nos masques, mon masque, son masque, le fauteuil. Je souris sous mon masque. Un peu de promiscuité. Je suis heureux de voir que les rapports humains se simplifient. Dans l’allée s’agite un grand chien roux frisé, il tire sa langue rose. Nos regards nous interceptent. Le sien est si intense, on dirait qu’il a trouvé en moi un super copain. Je me dit que cette femme est sa maitresse. C’est un chien d’un genre lévrier bâtard ondulé, orang-outan, jouet pour enfant, poney. Bien sympa.
05-11-2020
Janine me conduit en Espagne, une ville sur la côte, au nord, dans sa coupée sport rouge comme un ongle. Je visualise la cartographie, de Cenon à notre point d’arrivée… Morcilla ? Morceguilla ? On voyage dans la Hyundai. On franchit une première montagne dans un rebond vertigineux. On arrive au sommet. On bascule vers une première plaine en contre-bas. La voiture tombe dans le vide, ce qui n’inquiète absolument pas Janine qui fixe droit devant, sereine, souriante. On doit atteindre le sol. Voilà. Le trajet se poursuit. On franchit deux autres sommets de la même façon. Le troisième m’effraie tellement que je… (micro-éveil)… Janine me propose que l’on parte en Espagne, mais il me semble pourtant que l’on a déjà fait ce voyage. Des images de cartographies me reviennent, Cenon, la côte espagnole, une autoroute nommée ici « funéraire » comme un funiculaire funèbre. J’ai un mauvais pressentiment. Cette impression d’une possible cascade fatale, un crash dans la montagne me bloque. Je ne veux pas lui dire oui. Mais, n’y allons pas.
08-10-2020
Sur les quais, ambiance Bordeaux, Porto. C’est marée haute, des vagues énormes ! On est un groupe d’amis et de famille tout mélangé. Quelqu’un propose d’aller manger portugais. Tout le monde trouve ça super insolite et est d’accord. Malika, Patrick, les autres, tout le monde. Tout le monde, sauf une personne qui reste plantée là avec sa couronne et ses escarpins dorées : la reine ! Elisabeth refuse de manger portugais ! – Allez, insista l’un de nous qui avait sans doute faim. Allez, on y va ! C’est décidé ! – Il n’en est pas question, répondit la reine. Je décidai d’intervenir : – Allez venez, c’est une cuisine très fine… Je négligeai d’ajouter la formule Sa majesté. Sans dire mot, la reine prit ses cliques et ses claques, m’obligeant de courir après. Elle faisait un caprice ! La petite dame trébucha et fit exprès beaucoup de bruit. Je la ramassai comme si elle était une poupée et nous entrâmes dans une maison, en direction d’une chambre. Feignant une migraine pour montrer qu’elle n’était pas contente, la reine se laissa tomber en arrière sur un lit couvert d’un édredon, doré comme la couronne sur sa tête, doré comme les chaussures à ses pieds qui dépassaient du bord du lit. Elle se ficha d’être allongée à moitié sur une bosse et ne s’inquiéta pas, bien sûr, que la bosse était un dormeur !
11-11-2021
Vers La Brède, Langon, je suis la ligne bleue d’un GPS. À un rond-point, j’ai du mal à comprendre quelle direction je dois prendre. J’essaie la seconde sortie, la troisième. Finalement c’était la première. J’arrive après un trajet étonnement sinueux à destination. Il doit y avoir une erreur. Je cherchais une gare mais me retrouve entre des maisons, des clôtures, des baies vitrées. J’échange quelques mots rapides avec les habitants et repars sous un petite pluie.
22-03-2023
Je suis sur un tournage dans une zone désertique. Il y a plusieurs caravanes et un set matériel très important. Je dirige une très grosse équipe, on est en train de faire des essais de lumière sur une scène avec un décor peint qui reproduit exactement le lieu où nous sommes. Ma mère est avec moi parce qu’elle fait une dépression et que son médecin m’a conseillé de lui faire prendre l’air. Elle reste enfermée dans sa voiture (une vieille Mercedes class A qu’elle ne possède plus) toute la journée en plein soleil avec un gros manteau en laine. Les préparatifs sont enfin terminés je vais me reposer sous une tonnelle j’entends soudainement un bruit énorme. J’accours sur place avec mon assistant, ma mère a écrasé plusieurs spots tungsten en forme de coccinelle volkswagen de couleur jaune. Ils sont détruits irrémédiablement… Elle rejette complètement la faute sur moi en me disant que je n’ai qu’à ranger mes affaires ! Je pique une colère mémorable. Puis une fois calmé, je repars faire une sieste… Quand je reviens une heure après, elle déplace l’intégralité du matériel le long du grillage de clôture du site et une grande partie a disparu (sans doute volé)… J’ai perdu les deux tiers de mon matériel ! Comme elle n’est plus là, je lui téléphone pour avoir une explication. Elle me répond alors qu’il serait temps de grandir et que je fais tout le temps des histoires pour pas grand chose. Je reçois plusieurs appels et sms du client qui souhaite savoir si le tournage s’est bien passé… Je ne réponds pas… Et je quitte le pays sous un faux nom dans la soirée.
23-04-2021
Dans le couloir d’un aéroport, j’aperçois Tiphaine sur un écran. Nous commençons alors une conversation. J’attrape une boîte en carton Air France disposée derrière moi sur une étagère de goodies. Je l’ouvre et y découvre deux têtes en latex perruquées dans un filet de nylon. L’une d’hôtesse de l’air, l’autre de stewart. Je me cache de la caméra et de l’écran, le temps d’enfiler le visage de l’hôtesse sur le mien, même si je ne parviens pas à bien le déballer. Je réapparais à l’écran, super fier de ma blague, mais c’est déjà l’heure que j’y aille pour ne pas être en retard. Bisous Tiphaine.
18-05-2022
Assis dans la rue sur mon matelas, le long d’un mur qui longe une route à sens unique, un bout de trottoir partagé avec d’autres clochards, je ne sais plus trop comment j’en suis arrivé là. Je trouve ça effarant, effroyable. Mais pas le temps de m’apitoyer sur ma trajectoire, il faut agir, réagir, survire. C’est la nuit. Un autre clochard fait la manche auprès de nous. Il passe devant nos matelas, la situation m’ahurit. Pourquoi fait-il la manche, à nous ? Un mec, assis au sol à côté de mon matelas, propulse soudain deux jets impressionnants de vomi. Ça me dégoûte. Je suis écœuré. Mes affaires, déjà crasseuses, perdent le peu de réconfort qu’elles pouvaient m’apporter. Je me lève et m’éloigne vers le super U juste au coin de la rue. Face à la vitrine, à ces portes vitrées automatiques coulissantes, à ces lumières blanches et ces reflets, je vois des gens, dedans dehors. Je ne sais pas si je veux entrer.
15-06-2022
Le soleil gonfle. Il va encore gonfler, gonfler, engloutir tout calmement. On est un groupe dans une cuisine à l’étage d’une tour moderne, vitrée. Et voilà, il s’approche tellement que ça y est. La corolle de magma pénètre par la fenêtre. Et si on se faisait un câlin pour ce dernier instant ?
29-03-2021
On entre dans une maison avec ma sœur pour y transmettre un chat roux clair à une femme, déjà en présence de deux chats. Elle a un distributeur de croquettes en bandoulière. Elle leur distribue d’une façon très professionnelle, en restant debout sans toucher ni les croquettes ni les chats avec les mains. La maison est vide d’éléments domestiques. Elle verrouille la gueule du chat roux juste avant qu’un homme entre et le récupère gentiment. Je leur souhaite une bonne mission, à l’homme et au félin, pensant que cette maison héberge et protège des chats qui accompagnent des hommes « sur le terrain ». L’homme, avec le chat dans les bras répond « ma mission du moment, c’est le weekend ».