02-06-2021

Pierre attache son vélo à un canapé mou avec un grand cadenas (sans relier aucune partie du vélo) dans le hall d’un cinéma. C’est le cinéma des halles de Pey Berland, une grande structure de verre, semblable à une serre, ou au Grand Palais, remplaçant la cathédrale. On entre. On s’installe dans une nacelle de métal peinte en vert olive. Notre assise se promène dans tout l’espace vitré, rempli de plantes. La structure métallique qui nous retient semble frêle. Un grand écran est installé sur l’un des côtés. Il y a aussi des promeneurs au sol, des buissons, des cactus, des gens assis sur des gradins statiques plus classiques.

14-11-2023

On se rejoint dans une rue qui descend, dans le nord-est de Paris. Je croise quelqu’un que je connais et gaspille ce précieux temps avec toi à discuter avec cette personne que tu ne connais pas. Tu n’as rien à dire, et tu ne dis rien. Mais voilà ta voiture. Tu as commandé ce trajet, tu fais ça régulièrement en ce-moment, c’est pris en charge. Tu aimes bien cette conductrice, à force de passer du temps avec elle. Je dis au revoir à la personne avec qui je parlais, me tourne vers toi et tu me fais signe de rester même si ça démarre. On va au cinéma. Je mets ma main contre ta cuisse, ce minuscule espace affectueux est déjà si délicieux. On entre dans un parking souterrain cylindrique, où des bornes d’achat de places de cinéma sont installées çà et là. Je vais à l’une, toi à l’autre. J’attrape 10 euros dans mon porte-monnaie et les donne à ta conductrice qui n’est pas encore repartie. Je n’étais pas prévu dans ce trajet.

23-04-2021

Dans le couloir d’un aéroport, j’aperçois Tiphaine sur un écran. Nous commençons alors une conversation. J’attrape une boîte en carton Air France disposée derrière moi sur une étagère de goodies. Je l’ouvre et y découvre deux têtes en latex perruquées dans un filet de nylon. L’une d’hôtesse de l’air, l’autre de stewart. Je me cache de la caméra et de l’écran, le temps d’enfiler le visage de l’hôtesse sur le mien, même si je ne parviens pas à bien le déballer. Je réapparais à l’écran, super fier de ma blague, mais c’est déjà l’heure que j’y aille pour ne pas être en retard. Bisous Tiphaine.

11-11-2021

Vers La Brède, Langon, je suis la ligne bleue d’un GPS. À un rond-point, j’ai du mal à comprendre quelle direction je dois prendre. J’essaie la seconde sortie, la troisième. Finalement c’était la première. J’arrive après un trajet étonnement sinueux à destination. Il doit y avoir une erreur. Je cherchais une gare mais me retrouve entre des maisons, des clôtures, des baies vitrées. J’échange quelques mots rapides avec les habitants et repars sous un petite pluie.

16-04-2021

Tout près de la fenêtre de mon appartement au 4ème étage de la rue du cancera, j’entends une conversation inhabituellement proche. Je me penche pour regarder. Il y a une crue vraiment spectaculaire, l’eau est montée jusqu’à la rigole de zinc de mon étage et le courant est calme. Le ciel est bleu. Il fait doux. Les voix que j’entendais sont celles de deux personnes qui discutent tout en dérivant vers la Garonne sur un radeau minimal semblable à une porte. J’ai peur que l’eau monte encore et entre en débordant par mes fenêtres. En m’imaginant les trois étages de ville engloutie, si paisibles malgré la catastrophe en cours, je déplace mes livres pour les protéger d’un dégât qui approche. L’eau qui commençait à s’infiltrer par ma moquette en un bruit pétillant cesse de transpercer. L’écume se dissout. Le niveau baisse brutalement et l’on voit réapparaître jusqu’au second étage. Un fourgon est coincé sur un balcon de l’immeuble d’en face. Des ouvriers se demandent comment ils vont gérer tout cela. La décrue se poursuit, lentement.

26-11-2025

Je tape deux bâtons entre eux. Entre eux et sur le sol. Tout en gravissant des marches. Je tape sur le sol deux bâtons, et entre eux. Je tape sur le sol tac tac tac tac, entre eux tic tic, tic tic, tac tac le sol tic tic entre eux, et je gravis les marches, tic tic, tic tic et les paliers d’un grand escalier creusé tac tac, tic tic dans une grotte, dans un pays chaud, tac tac tac tac et ce grand tunnel grimpe et s’ouvre sur un beau paysage sauvage. Je tape les bâtons en transe, terminant ma petite ascension. Quelques touristes passent à mes côtés, eux descendent. Je rejoins l’extérieur, découvre à 360° un panorama chaleureux. Fin de journée tombante sur de petits buissons, douceur de l’air ambiant. Je grimpe sur le sommet de calcaire qui surplombe la sortie de l’escalier creusé, et me cale pour contempler, éventuellement faire caca, trouver un coin pour dormir. J’aperçois des animaux au loin dont un petit diable rouge doucement à la dérive sur une branche en contrebas.

06-04-2023

Confus, je traverse la ville de Nantes qui ressemble à Rennes. Les grandes places et les grands boulevards s’enchaînent dans l’ambiance d’un soir d’été. De temps à autre il y a des petits groupes de manifestants sur ces places et dans ces avenues. Des petits cortèges d’une trentaine de personnes. Je vois des amis un peu plus loin sur la place après la prochaine avenue. Durant la traversée de cette avenue il y a un groupe de manifestants qui est nassé sur un large trottoir du côté droit de la rue dans le sens de ma marche. Les flics qui les poussent les font avancer dans ma direction. Je ralentis pour me caler sur leur rythme. Et tout en repoussant ce petit cortège sur le large trottoir, les casqués obligent les manifestants à retaper ce même trottoir, à enlever les pavés, recouler du ciment, et remettre de nouveaux pavés qu’ils leur donnent en queue de cortège, le tout copieusement arrosé d’insultes. Ces insultes deviennent des cris d’agacement. Des cris d’agacement pour une raison simple. Le ciment n’a absolument pas le temps de sécher quand vient le tour des flics de marcher sur ce trottoir trop neuf. Leurs grosses bottes écartent les pavés fraîchement posés pour ensuite s’engluer, trébucher et chuter ridiculement entraînant par effet domino la chute d’autres flics. Malgré les déroutes, il sont suffisamment nombreux pour poursuivre cette action de rouleau compresseur de la voie publique le moins efficace de la planète. Cependant il y a quelque chose de fascinant dans cette persistance masochiste et dans les visages hébétés des flics de tête de cortège qui ne peuvent que constater que les flics de queue de cortège tombent comme des playmobils. Le temps d’arriver à la prochaine place, mes amis sont partis. Tant pis on continue le chemin jusqu’à se rendre chez Virginie pour prendre un café. Quand j’arrive, Virginie me montre un objet plat en forme de demi cercle. Cet objet s’ouvre comme un livre et je découvre alors un jeu d’échecs Pokémon. Le seul pion que je distingue est un Pikachu avec une couronne. Virginie me demande de ramener ce jeu chez moi pour un autre ami qui l’avait laissé traîner chez elle. Je retourne dans la rue pour rentrer chez moi.

22-10-2021

Me voilà tel un vieil homme dans le désert. Je suis saisi Ah ! j’ai du sang dans la tête, j’ai mal. Je conclus. Voilà, c’en est fini. Alors je cherche une dernière posture. M’allonger… sur quels rochers ? Sur quel sable ? Un peu de confort et de réconfort, se détendre, se laisser partir, détendu…

06-10-2021

Assis dans un petit train de touristes, j’avance avec ma famille. On entre soudain à l’intérieur d’un bâtiment tout en roulant. C’est un bar et restaurant. On doit circuler entre les tables ce qui crée pas mal de mouvements et d’agacements parmi les clients. Je suis gêné et réponds à une personne en colère qui doit vite bouger sa chaise pour laisser passer le train « C’est la mondialisation. »

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