06-08-2023

Le bureau du docteur de la ville du Nord où je ne vis pas, mais où je viens de passer plusieurs semaines, est tout entouré-serré de la salle d’attente. J’y vais pour la troisième fois au moins. Tous les patients sont là, tout proche, pendant une consultation. C’est mon tour. Le docteur est vraiment souriant, la sympathie communicative, vif, et très bon acteur. Il m’annonce dans un grand sourire enthousiasmant. « C’est bon. Vous n’avez plus rien. » Je suis surpris et tellement content. Soulagé. « C’est vrai ? » « Plus rien du tout. Oui, c’est de l’histoire ancienne. C’est fini. ». Alors ravi je commence à partir et dans un dernier sourire il complète. « Il vous faut de l’amour joli. Du joli amour. » Dans la rue je réalise que je ne l’ai pas réglé. Et tout en commençant à remplir le chèque, à mal le signer, je me dis que cette bonne nouvelle il a probablement souhaité me la donner, gratuitement. Je peux quitter le Nord et rentrer chez moi, serein.

05-11-2020

Janine me conduit en Espagne, une ville sur la côte, au nord, dans sa coupée sport rouge comme un ongle. Je visualise la cartographie, de Cenon à notre point d’arrivée… Morcilla ? Morceguilla ? On voyage dans la Hyundai. On franchit une première montagne dans un rebond vertigineux. On arrive au sommet. On bascule vers une première plaine en contre-bas. La voiture tombe dans le vide, ce qui n’inquiète absolument pas Janine qui fixe droit devant, sereine, souriante. On doit atteindre le sol. Voilà. Le trajet se poursuit. On franchit deux autres sommets de la même façon. Le troisième m’effraie tellement que je… (micro-éveil)… Janine me propose que l’on parte en Espagne, mais il me semble pourtant que l’on a déjà fait ce voyage. Des images de cartographies me reviennent, Cenon, la côte espagnole, une autoroute nommée ici « funéraire » comme un funiculaire funèbre. J’ai un mauvais pressentiment. Cette impression d’une possible cascade fatale, un crash dans la montagne me bloque. Je ne veux pas lui dire oui. Mais, n’y allons pas.

17-01-2025

Dans un grand amphithéâtre aux fauteuils rouges, je suis chargé de tenir le micro de l’invité de Guillaume Erner qui n’est autre que Jean-Marie Le Pen. J’assiste donc de près à toute l’interview. L’horrible papi est sympathique, personne ne lui pose de questions problématiques ni ne lui renvoie d’impressions négatives. Je réajuste la distance au micro, provoquant chez lui un léger recul de surprise. La dernière femme à lui poser une question le fait en marchant vers nous et presque en chuchotant, mais elle semble en colère. Savez-vous combien de temps vit un moustique Monsieur Le Pen ? Quatre heures, douze heures ou vingt-quatre heures ? Le vieux répond sans hésiter, vingt-quatre heures. Ce qui accentue la colère de la dame. Non c’est faux. Oui j’ose dire non ! mais déjà la régie coupe les micros. Je m’adresse alors directement à l’invité. Vous paraissez détendu aujourd’hui, je veux dire, vous êtes beaucoup plus détendu qu’il y a vingt ans. Il y a vingt ans vous étiez très tendu, et tout le monde plutôt détendu. Maintenant c’est tout l’inverse. Ça le fait rire, merde. On part avec des amis acheter une crêpe salée au kebab du coin. J’ai pas si faim, je ne vais peut-être rien commander finalement.

28-05-2021

Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.

29-04-2021

Je suis dans une soirée organisée dans une friche. Je ne connais pas cet endroit. Je suis ici à titre d’invitée. Il y a beaucoup de personnes, des grands couloirs. Je déambule. Je cherche Pascal du regard. Il est avec son frère, il porte un bermuda hawaïen. Je les retrouve dans plusieurs espaces. Il y a des espaces extérieurs que j’entrevois derrière des grillages, et des espaces intérieurs qui sont surtout de grands halls. Je m’approche de Pascal dans une cour, lui demande de l’attention et on se fâche. Je retourne déambuler en bas. J’arrive dans un espace de toilettes, douches, un peu inondé. De l’eau coule d’une installation de plomberie douteuse et un peu monstrueuse installée au plafond. Je préviens des personnes, qui me répondent qu’on est dans un lieu éphémère, qu’elles ne peuvent rien faire. Je vais vers la sortie et je me rends compte que le chemin est aussi inondé. C’est plus un torrent qu’un chemin. Un groupe se missionne. Il faut ouvrir un portail qui a l’air indéplaçable. On me donne des bonbons dont deux tombent par terre. Quelqu’un les ramasse et me les rends. Lorsque je les ai en main, ils se transforment en guimauve rose. Il nous faut ouvrir ce portail pour dégager un nouveau chemin. On s’y attèle.

31-03-2021

Dans une rue, avec Mathieu et Cyril, au-delà de l’heure du couvre-feu, on se décide finalement à rentrer, mais on réalise qu’on s’est beaucoup éloignés. Alors qu’on passe à côté d’un renfoncement, dans la rue, on aperçoit une voiture de police. On file se cacher. On se faufile entre les voitures, on passe sous un grillage entaillé, ça nous griffe. Je me mets à plat ventre tout en entendant les policiers approcher.

01-11-2020

Je voudrais acheter un billet pour retourner à Toronto. Je suis à l’aéroport de Mérignac et je pense que je suis à découvert. Si « paiement refusé » s’affiche, ce sera fichu. Au bout d’un couloir arrondi j’entre dans une épicerie asiatique où deux beaux stands de fruits de mer s’agitent. Les poulpes sont vifs et se promènent autour de leurs cagettes presque en rigolant. Quelques oursins sur le stand voisin sortent de leurs bogues ou s’y ré-introduisent. Comme des châtaignes possédées par des litchis. Les vendeurs ont des billets d’avion à vendre. Mais nous mettons du temps à nous comprendre. Finalement ils n’ont que des billets pour des pays en guerre. Me voilà dans un avion. Déjà en vol. Je cherche une place confortable. Je change de fauteuil plusieurs fois jusqu’à trouver un strapontin orange qui me va. À peine trouvé, le pilote, avec un fort accent chinois ou coréen annonce calmement que nous allons procéder à la descente. Il reste une petite douzaine d’heures quand même ! Sa voix, très chaleureuse, franchement souriante, marque beaucoup de pauses inhabituelles, ce qui le rend amical et plein d’un suspens assez bizarre. Puis il explique, toujours très calmement, que « ce qui importe… finalement… c’est… la… structure… » Cette prise de parole décalée laisse tout le monde dans le trouble, perplexes, voire carrément anxieux. 

14-03-2022

À petits pas je marche, tournant en rond, d’avant-arrières, mon téléphone à l’oreille. J’écoute les nouvelles du monde. Deux pays du sud-est de l’Europe viennent de connaître une série d’événement internes (émeutes, coups d’états, etc.) qui vont les fragiliser, risquant de les entraîner dans le sillage de la guerre en Ukraine.

17-04-2021

Je prends part à un rassemblement, qui a lieu dans un espace entre forêt et friche industrielle. Je suis entourée d’images et de sérigraphies. Elles sont en vente pour financer je ne sais quel projet. Je suis chargée de la vente. Tout est rangé dans un placard en métal, l’un de ces vieux placards indus que l’on trouve dans les bureaux des entreprises. Un collectionneur arrive. Je lui présente des images. Il souhaite en voir d’autres, qui sont difficilement accessibles. Je sors des affiches que j’ai créées il y a plusieurs années. Je suis un peu gênée de sortir ces impressions d’autant plus quand je comprends que ce n’est pas ce que recherche le monsieur. Je fouille mieux et je me rends compte que le placard dans lequel étaient les print en vente ne contient que des affaires à moi. Les autres sont définitivement inaccessibles.

Espaces

Temps