23-04-2021

Mon père me ramène en voiture. Juste avant le pont Gambetta, après l’arrêt de tram Roustaing, nous nous apprêtons à tourner rue Linuit mais décidons de passer par un autre itinéraire. Mon père emprunte une voie sur la gauche à laquelle je n’avais jamais fait attention. Elle mène à un pont qui passe entre deux grillages puis se prolonge au-dessus d’un champ. Un peu plus loin, il passe au-dessus de la rocade. Ce pont parallèle est gigantesque, à embranchements multiples, ça m’impressionne. La voiture n’est plus qu’un châssis supportant nos fauteuils, et le chemin se poursuit dans une vrille par-dessus la rocade puis l’eau, la frôlant. Je m’inquiète pour nos affaires. Mon père me rassure “Il n’y a pas à s’inquiéter. Il faut faire confiance à la force centripète.” Nous avons avec nous, sur les fauteuils, des papiers dans des chemises transparentes, des lunettes mais aussi un parpaing. Par deux fois, les papiers tombent à la surface de l’eau. Je réussis à les rattraper en tendant les bras la première fois, puis carrément en me contorsionnant entre les pilotis d’un ponton en bois sur lequel nous nous réceptionnons. Je sors de ce ponton par un toboggan rouge et mon père par un escalier.

16-03-2021

Dans un rayon “jouets” avec Simon R, on regarde les articles. Je vois des figurines, des objets phosphorescents. J’avance vers la tête de gondole où je vois des bracelets qui brillent la nuit présentés avec le slogan Ne perdez plus de vue votre enfant. Je poursuis, vers le rayon suivant. Le plafond est plus bas. C’est ici une papeterie attenante à un musée. J’attends deux femmes qui visitent l’exposition. Je préfère rester ici, explorer les rayons. Je trouve de belles cartes de France, à différentes échelles. Je demande un renseignement à une femme “Je cherche une carte plus grande et du papier ni page simple ni page double ni page perforée”. Elle me sort une grande page pliée sur elle-même, du format d’une nappe, bien emballée dans un film plastique semi-rigide. Elle précise “C’était courant dans les années soixante, c’était pour éviter de tourner les pages durant les examens, pour éviter de tricher, de dissimuler des choses.” La grande page-nappe a des catégories pré-imprimées en début de ligne.

26-04-2021

Je suis en équipe. On se déplace dans la nature. On voyage en camion et à pied. On est beaucoup. Il est question d’organiser une teuf. On trouve un campement. C’est un pré, bordé d’arbres dans le fond. Une rivière coule derrière les arbres. Le pré ressemble à l’arrière de la maison de mes parents. Tout le monde se prépare à s’installer. Pierre est ici. Il conduit un grand camion bleu dans lequel il dort. Chacun-e vaque à ses occupations. L’extérieur se transforme en intérieur. On attend. Il y a beaucoup de chambres, beaucoup de lits. L’heure est au repos. Une première nuit se passe. Lorsqu’on se réveille, on est toujours dans l’attente. On prépare de quoi manger. Il y a beaucoup d’aubergines, mais il manque du pain. Quelqu’un sort des miches de je ne sais où et tout le monde est rassuré. Je n’ai pas besoin de faire de riz. Arrive de nouveau l’heure de dormir. Je me dirige vers ma chambre éphémère mais Marine Le Pen dort dans mon lit. Elle me tutoie. Moi, je la vouvoie puis je me dis que je peux, que je dois la tutoyer, c’est dans les usages du groupe. Elle est déjà allongée, je cherche une autre chambre. Je déambule dans des couloirs qui sont situés dans un espace semi-intérieur, semi-extérieur. Je croise des personnes dont deux femmes qui ont trois petites filles. L’une des femmes a un grand bonnet de lutin. Ses deux petites filles ressemblent à des poupées. L’une a les cheveux violets, elles ont des bottes de pluie colorées et font demi-tour car l’une d’elle a oublié de laver ses bottes ou ses cheveux. Je continue à marcher avec les femmes. J’arrive dans une chambre au fond d’un couloir. Olivier est dans la chambre. Il est super mal, il n’a pas dormi. Moi non plus, lui dis-je. Il commence à compter mes heures de sommeil pour comparer sa fatigue et la mienne : 3, 4, 5… Je trouve ça stupide. Je ne bataille pas. Puis on doit ranger la chambre. Ses parents arrivent. Il y a une chambre et une antichambre. Le père d’Olivier s’occupe de la chambre avec Olivier. Il se met tout nu pour ranger. Je reste avec la mère d’Olivier. Elle est très jeune. On discute, c’est chouette. Olivier vient nous interrompre en chouinant. Sa mère va ranger la chambre avec son fils et son mari. Je ne sais pas trop quoi faire. Je plie une couette et un polochon, puis je les range dans un placard, c’est un placard très profond dans lequel se trouvent déjà plein d’objets. Je suis surprise. Je marche, de nouveau accompagnée de quelques personnes. Il y a la femme qui porte un chapeau de lutin, accompagnée de deux autres filles, et deux garçons. On marche dans une ville que je connais. On est sur la route principale. Des arbres et des pierres la bordent. C’est une promenade agréable, sans voiture, sans béton. L’un des garçons, qui ressemble à Yoann mais qui s’appelle Greg, aimerait prendre un autre chemin, le long d’une rivière, mais l’une des filles a déjà commencé à emprunter le chemin initial. Je le préfère. Il monte, on aperçoit des pierres, encore et toujours, et un stade. 

02-05-2021

Je suis en voyage avec Céline. Nous croisons John et aussi Quentin, avec qui j’ai une affaire en cours. Je retrouve Céline près de sa voiture. Elle est avec Camille. Céline me dit que Camille parle peu. La voiture démarre. Arrêt dans une station-service. Camille va chercher une boisson. Je suis sur le parking d’un centre commercial avec Céline. On remonte en voiture, Céline et moi. Autoroute, goudron, béton. On suit une voiture chenille. On entre dans un nouveau parking, en souterrain, et je dois conduire la voiture qui me paraît très grande. On entre dans un appartement qui nous est prêté. J’ai à ce moment là le sentiment de devoir choisir entre deux choses dont j’ai envie : être avec Céline ou être avec Quentin et ses amis. Lou arrive et je vais avec elle acheter des victuailles dans un supermarché dans lequel tout est cheap et un peu mal rangé. On cherche les rayons « nourriture ». On traverse surtout des rayons d’objets. Des objets neufs qui se transforment en objets de seconde main. Mon regard s’arrête sur des piles de vieux Tintin qui sont rangés dans de vieilles armoires. 

20-02-2024

Dans un amphithéâtre de l’université, j’assiste à une conférence d’astrologie, en compagnie de quelques camarades du cours de LSF. Alexandre et Léglise signent au même moment une question. Ils font le signe de l’horloge biologique, puis celui de la santé. Le conférencier est étonné par la forme de la question. Des jeunes arrivent dans l’amphi et on se prend quelques vives gouttelettes sur la nuque. Ils jettent de l’eau à travers toute la salle et le conférencier s’indigne dignement : « C’est une des conséquences du Covid, ce qui vous intéresse c’est de poursuivre ce phénomène de contagion. »

17-03-2024

Je traverse la cour d’une ferme jusqu’à un appentis. Une chèvre et un chat viennent à ma rencontre très affectueusement. Je perçois un troisième animal furtivement. Le chat part et revient avec un objet dangereux dans sa gueule. La chèvre l’imite, elle s’approche d’un poteau et décroche une machette flambant neuve avec un manche en plastique noir et jaune et un alliage de lames en inox clinquant.

28-02-2024

Je suis avec Lorine à son concert. Les gens sont admiratifs et amoureux, et moi aussi. J’ai perdu mon portefeuille depuis un moment, une grande pochette dans laquelle j’ai d’autres choses que des cartes. Je ne veux pas quitter Lorine alors je ne le cherche pas et me dis que je le retrouverai plus tard. Elle mange des wings de poulet, les dévore à pleines dents debout devant le fast food, de manière assez sale et décomplexée. Ça m’étonne. Bientôt on se sépare et je me mets à angoisser pour mon portefeuille perdu. J’essaye de retrouver les endroits où je suis passée plus tôt dans la soirée. Sur une place, je croise Elsa et un gars de la ville que je connais. Le gars dit que le restaurateur d’en face lui vend de la drogue et Elsa lui fait répéter dix fois parce qu’elle ne comprend pas. Je les quitte et rejoins un arrêt de tram proche de chez moi. De loin, j’aperçois mon portefeuille ouvert par terre, et il y a des gens autour. Une fille l’ouvre en passant pour prendre le sachet de filtres et s’en va. J’ai le coeur qui commence à battre très très fort en marchant vers l’objet. Je me demande si les gens ont juste pris quelques sous ou cigarettes et ont laissé mes affaires. J’ai peur que quelqu’un le vole sous mes yeux. Plus je m’approche, plus c’est agité. Il fait nuit noire mais je vois très bien. Près du but, j’aperçois un homme au sol. Il vient juste de tomber à côté de mon portefeuille-sac à dos, et des pompiers arrivent aussitôt. Les gens s’écartent, ils ont peur, il y a du bruit, des personnes font signe aux trams qui arrivent de s’arrêter. Des hommes en gilets jaunes font rouler l’homme sur la voie du tram en disant qu’il est quasi mort. Je continue à avancer pour récupérer mon sac resté à côté de l’homme mort, j’ai du mal à respirer. Des passants ont déplacé mon sac. Les voies du tram sont remplies de sable pour qu’on ne voit pas le corps. Je récupère mon sac sur le banc, et manque de le confondre avec celui d’un garçon qui a exactement le même que moi, mais plus neuf et souple. Marchant le long du quai pour partir, je suis à contre-courant d’une petite foule qui s’agglutine comme des zombies pour voir le mort. Je suis triste et en colère. Je crie sur une vieille femme « Vous pourriez me laisser passer ! Me parler ! Me dire excusez-moi, allez-y passez ! Au lieu de vous comporter comme un zombie. C’est quoi cette façon de faire ? C’est pour aller voir de près, c’est ça ? Le spectacle ? ». La femme reste sans expression. Je suis méprisante et j’ai mal. Finalement, à une centaine de mètres du corps je l’aperçois, juste assez pour voir que c’est un adulte, assez vieux, avec une chemise et des cheveux gris. Alors moi aussi je n’ai pas pu m’empêcher de regarder le spectacle ? Je pense encore à mon sac que je n’ai toujours pas ouvert, est-ce que mes affaires sont encore dedans ?

08-03-2023

Je suis invité à participer à un festival de musique électronique à l’église Saint-Eustache à Paris. Le public est déjà là mais ne s’attend pas à ce que le concert commence. J’attaque. Une pièce très virtuose jouée à l’orgue. La tribune est décentrée vers la gauche de la nef et communique avec l’extérieur. Plusieurs consoles de cinq ou six mètres de haut en forme de demi-cercles ou de polygones abritent de nombreux claviers, des synthétiseurs, des machines. Elles sont placées sur roulettes et chaque artiste pourra déplacer sa console dans la nef pour sa prestation. Malgré leur taille imposante elles peuvent rouler très facilement. Elles me font penser aux premiers synthétiseurs qui occupaient des meubles entiers, bien plus hauts que les ingénieurs qui les manipulaient.

06-08-2023

Le bureau du docteur de la ville du Nord où je ne vis pas, mais où je viens de passer plusieurs semaines, est tout entouré-serré de la salle d’attente. J’y vais pour la troisième fois au moins. Tous les patients sont là, tout proche, pendant une consultation. C’est mon tour. Le docteur est vraiment souriant, la sympathie communicative, vif, et très bon acteur. Il m’annonce dans un grand sourire enthousiasmant. « C’est bon. Vous n’avez plus rien. » Je suis surpris et tellement content. Soulagé. « C’est vrai ? » « Plus rien du tout. Oui, c’est de l’histoire ancienne. C’est fini. ». Alors ravi je commence à partir et dans un dernier sourire il complète. « Il vous faut de l’amour joli. Du joli amour. » Dans la rue je réalise que je ne l’ai pas réglé. Et tout en commençant à remplir le chèque, à mal le signer, je me dis que cette bonne nouvelle il a probablement souhaité me la donner, gratuitement. Je peux quitter le Nord et rentrer chez moi, serein.

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