09-10-2021

J’entre dans un tunnel avec des gens. Il y a un grand couloir de plusieurs kilomètres que l’on va remonter. Quelqu’un est à cheval. Dans la main, je tiens une frange métallique que j’agite devant un projecteur lumineux de discothèque, mais ça ne produit pas beaucoup de reflets, ça me déçoit. On me dit que j’aurais pu le faire sur un vélo, ce trajet. On entame la course. Je demande au cavalier si il va trotter ou galoper (je dis d’abord galoter et me corrige). Dans le couloir, il y a différentes sections, toutes de la même taille, séparées par des portes entrouvertes grillagées. Des choses sont parfois entreposées sur la droite, des tubes, du métal, etc. Je tape dessus en passant et c’est musical.

29-05-2021

Avec Camille, on vide le coffre d’une voiture de bouteilles de bières vertes et vides mises dans des sacs. Un policier surgit sur le parking et surprend un dealer de shit juste à côté de nous. Je trouve ça injuste, mais on continue, sans rien dire. On grimpe dans le bâtiment parking + métro + RER à deux pas, avec Camille et Aïsha. En haut, avec Pierre on dit au revoir à Louis, et on rentre vers Bobigny. Je me dis qu’on aurait pu prendre le RER 4. Pierre m’explique “Entre ces deux arrêts-là ça s’agite tellement que les accordéons en caoutchouc m’ont déjà pincé les épaules !” Je lui dis que ça m’est aussi déjà arrivé, ça fait super mal.

30-05-2022

Des caves immenses, très hautes de plafond. On y descend par un escalier très long, très abrupt. L’an dernier, dans ce lieu, était élevé un taureau. J’ai arrêté de m’en occuper et il est sûrement mort de faim. En tous cas on ne le voit plus. À la première salle immense succèdent beaucoup d’autres salles où il fait très sombre. Elles ne sont pas cartographiées. Pour voir le taureau, il fallait attendre qu’il vienne dans la première salle, un peu plus lumineuse. On me confie l’élevage d’un ou plusieurs nouveaux taureaux. Je suis content et en même temps un peu ennuyé d’avoir laissé mourir un animal l’année précédente (ce que je suis le seul à savoir). Mais quand je veux descendre aux caves pour construire une clôture, je me rends compte qu’elles sont devenues dangereuses : un géant à tête de taureau y vit désormais. Je le sais, sans l’avoir vu. Je remonte des caves. J’arrive dans un grand hall luxueusement décoré, si haut de plafond que deux passerelles superposées le traversent, séparées l’une de l’autre de plusieurs mètres. Du plancher, en sautant, je m’accroche à la première et m’y hisse à la force des bras. La passerelle est très éclairée, fermée par des grilles ouvragées. Une moquette ou un tapis rouge en recouvre le sol, et des sortes de portiques rituels asiatiques, derrière lesquels on voit des portes pleines, en forment les extrémités. Je suis davantage en sécurité sur la passerelle qu’en bas, même si j’ai peur de voir arriver cet homme à tête de taureau, furieux… S’il passait la porte, il ne pourrait de toutes façons pas franchir le portique…

18-03-2023

En altitude, regard plongeant, je vois du thé noir tomber à travers des nuages sombres. Je rejoins le tourbillon de feuilles dans sa dégringolade spiralique et m’étale sur une aile d’avion.

26-03-2023

Dans une camionnette, L. conduit. on est à Jazeneuil, y’a d’autres personnes dans la voiture. Elle conduit bien mais très très vite et je ne suis pas attachée. J’ai un peu peur mais ça va. On traverse le centre du village, petites ruelles, rues blanches et propres. On se gare et on va voir des ami·exs à elle qui louent une ancienne banque, iels s’en servent d’atelier. Moquette grise et baies vitrées. Iels sont genre 10/12 à travailler ici. On me demande mon nom et mes pronoms, puis je papote avec une fille qui me parle d’une adaptation du film de Yoko Tsuno. Elle veut me prêter le dvd mais on ne le trouve pas. À la place je leur emprunte ou plutôt je leur vole des magazines people qui trainent. On me dit que J. travaille ici. Elle fabrique un immense pourtour de piscine en plâtre, je vois une vidéo d’elle sur un bateau, elle a fini sa pièce et a l’air super heureuse, il fait beau, elle boit une coupe de champagne. On sort de la banque et y’a des artistes de l’atelier qui font une perf dans la rue et dans les remparts. Iels ont des énormes masques en papier mâché et jouent une sorte de pièce de théâtre. Je trouve ça bof et je me demande comment les habitant·es accueillent leur présence et leur travail dans le village.

18-05-2022

Assis dans la rue sur mon matelas, le long d’un mur qui longe une route à sens unique, un bout de trottoir partagé avec d’autres clochards, je ne sais plus trop comment j’en suis arrivé là. Je trouve ça effarant, effroyable. Mais pas le temps de m’apitoyer sur ma trajectoire, il faut agir, réagir, survire. C’est la nuit. Un autre clochard fait la manche auprès de nous. Il passe devant nos matelas, la situation m’ahurit. Pourquoi fait-il la manche, à nous ? Un mec, assis au sol à côté de mon matelas, propulse soudain deux jets impressionnants de vomi. Ça me dégoûte. Je suis écœuré. Mes affaires, déjà crasseuses, perdent le peu de réconfort qu’elles pouvaient m’apporter. Je me lève et m’éloigne vers le super U juste au coin de la rue. Face à la vitrine, à ces portes vitrées automatiques coulissantes, à ces lumières blanches et ces reflets, je vois des gens, dedans dehors. Je ne sais pas si je veux entrer.

06-11-2023

Dans un tram (B, mais rive droite en mode A géographiquement, mais longeant le fleuve vers l’estuaire, comme le B vers Bacalan mais en miroir, mais aussi un peu C c’est car il me permet de rejoindre la gare si je choisis le bon terminus ou m’arrête au bon arrêt) je remarque soudain un système de comptage de passagers près de la porte. Le boîtier a la forme d’une borne pour valider. Deux écrans sont complétés par une sorte de petit buste métallique, ça doit fonctionner avec un réflecteur, un laser, un truc du genre et être relié à la borne de validation. C’est pour vérifier les statistiques de fraude sans doute. Je fais remarquer la machine à un passager. Ça me distrait suffisamment pour que je loupe mon arrêt. Merde j’allais déjà avoir mon train ric-rac. Comme je m’en suis rendu compte assez vite et me sens assez réactif, je tente d’attraper le tram en sens inverse à l’arrêt suivant. Je descends mais rien à l’horizon. Sept minutes d’attente ! Je vais essayer à pied. Le tronçon est finalement assez long jusqu’à l’arrêt précédent. Tout en marchant je commence à me l’avouer, mon train sera parti sans moi, pffff.

18-02-2024

Je croise Laurène dans un rayon de supermarché, en train de faire ses courses. Elle est toute petite, toute grosse et toute noire. Elle me dit que c’est à cause de son régime de grossesse. Elle doit manger beaucoup d’avocats et se transforme elle-même en avocat.

16-04-2021

Tout près de la fenêtre de mon appartement au 4ème étage de la rue du cancera, j’entends une conversation inhabituellement proche. Je me penche pour regarder. Il y a une crue vraiment spectaculaire, l’eau est montée jusqu’à la rigole de zinc de mon étage et le courant est calme. Le ciel est bleu. Il fait doux. Les voix que j’entendais sont celles de deux personnes qui discutent tout en dérivant vers la Garonne sur un radeau minimal semblable à une porte. J’ai peur que l’eau monte encore et entre en débordant par mes fenêtres. En m’imaginant les trois étages de ville engloutie, si paisibles malgré la catastrophe en cours, je déplace mes livres pour les protéger d’un dégât qui approche. L’eau qui commençait à s’infiltrer par ma moquette en un bruit pétillant cesse de transpercer. L’écume se dissout. Le niveau baisse brutalement et l’on voit réapparaître jusqu’au second étage. Un fourgon est coincé sur un balcon de l’immeuble d’en face. Des ouvriers se demandent comment ils vont gérer tout cela. La décrue se poursuit, lentement.

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