18-02-2024

Je croise Laurène dans un rayon de supermarché, en train de faire ses courses. Elle est toute petite, toute grosse et toute noire. Elle me dit que c’est à cause de son régime de grossesse. Elle doit manger beaucoup d’avocats et se transforme elle-même en avocat.

24-02-2026

Il y a interdiction d’aller sur le littoral par les Américains. Ce sont eux qui me le disent depuis un canoë militaire à la con, et malgré ça, complètent-ils, ils ont vu des gens venir sur le sable des criques (ramasser des coquillages, andouilles me dis-je) et moi, je suis là pour acheter des huîtres et même si ils me visent, je n’aurai pas peur car j’ai un fusil à pompe que je pourrais pointer sur eux sans scrupule. Le marchand d’huîtres étant absent car il respecte l’interdiction, c’est auto-service. J’essaie de faire l’appoint, je lui dois 13€, j’ai un billet de 20€, deux de 5, et quelques pièces. Le calcul me semble trop laborieux, je demande donc la monnaie au bistrotier d’en-face qui est bel et bien là même si son activité est très ralentie.

02-06-2021

Pierre attache son vélo à un canapé mou avec un grand cadenas (sans relier aucune partie du vélo) dans le hall d’un cinéma. C’est le cinéma des halles de Pey Berland, une grande structure de verre, semblable à une serre, ou au Grand Palais, remplaçant la cathédrale. On entre. On s’installe dans une nacelle de métal peinte en vert olive. Notre assise se promène dans tout l’espace vitré, rempli de plantes. La structure métallique qui nous retient semble frêle. Un grand écran est installé sur l’un des côtés. Il y a aussi des promeneurs au sol, des buissons, des cactus, des gens assis sur des gradins statiques plus classiques.

22-03-2023

Je suis sur un tournage dans une zone désertique. Il y a plusieurs caravanes et un set matériel très important. Je dirige une très grosse équipe, on est en train de faire des essais de lumière sur une scène avec un décor peint qui reproduit exactement le lieu où nous sommes. Ma mère est avec moi parce qu’elle fait une dépression et que son médecin m’a conseillé de lui faire prendre l’air. Elle reste enfermée dans sa voiture (une vieille Mercedes class A qu’elle ne possède plus) toute la journée en plein soleil avec un gros manteau en laine. Les préparatifs sont enfin terminés je vais me reposer sous une tonnelle j’entends soudainement un bruit énorme. J’accours sur place avec mon assistant, ma mère a écrasé plusieurs spots tungsten en forme de coccinelle volkswagen de couleur jaune. Ils sont détruits irrémédiablement… Elle rejette complètement la faute sur moi en me disant que je n’ai qu’à ranger mes affaires ! Je pique une colère mémorable. Puis une fois calmé, je repars faire une sieste… Quand je reviens une heure après, elle déplace l’intégralité du matériel le long du grillage de clôture du site et une grande partie a disparu (sans doute volé)… J’ai perdu les deux tiers de mon matériel ! Comme elle n’est plus là, je lui téléphone pour avoir une explication. Elle me répond alors qu’il serait temps de grandir et que je fais tout le temps des histoires pour pas grand chose. Je reçois plusieurs appels et sms du client qui souhaite savoir si le tournage s’est bien passé… Je ne réponds pas… Et je quitte le pays sous un faux nom dans la soirée.

06-10-2021

Assis dans un petit train de touristes, j’avance avec ma famille. On entre soudain à l’intérieur d’un bâtiment tout en roulant. C’est un bar et restaurant. On doit circuler entre les tables ce qui crée pas mal de mouvements et d’agacements parmi les clients. Je suis gêné et réponds à une personne en colère qui doit vite bouger sa chaise pour laisser passer le train « C’est la mondialisation. »

11-04-2024

Juste à l’arrière de la cabine des pilotes de l’avion, je suis assis parmi cette rangée aux premières loges. Le décollage est lourd et vite nous redescendons vers la ville. Nous roulons désormais sur une autoroute, passons sous un premier pont, puis un second. Le museau de l’appareil râpe ce dernier. Nous repartons en altitude mais l’engin est abîmé, probablement aux ailes. Nous perdons à nouveau de la hauteur. Une chute vertigineuse nous ramène vers le sol, au beau milieu du traffic routier. On a eu très peur. Les pilotes disent qu’ils ont senti tous nos pieds agrippés à leurs fauteuils. Je vois par le hublot une policière. Elle nous fait signe de passer, même si le feu est orange. Nous tournons à gauche.

17-01-2025

Dans un grand amphithéâtre aux fauteuils rouges, je suis chargé de tenir le micro de l’invité de Guillaume Erner qui n’est autre que Jean-Marie Le Pen. J’assiste donc de près à toute l’interview. L’horrible papi est sympathique, personne ne lui pose de questions problématiques ni ne lui renvoie d’impressions négatives. Je réajuste la distance au micro, provoquant chez lui un léger recul de surprise. La dernière femme à lui poser une question le fait en marchant vers nous et presque en chuchotant, mais elle semble en colère. Savez-vous combien de temps vit un moustique Monsieur Le Pen ? Quatre heures, douze heures ou vingt-quatre heures ? Le vieux répond sans hésiter, vingt-quatre heures. Ce qui accentue la colère de la dame. Non c’est faux. Oui j’ose dire non ! mais déjà la régie coupe les micros. Je m’adresse alors directement à l’invité. Vous paraissez détendu aujourd’hui, je veux dire, vous êtes beaucoup plus détendu qu’il y a vingt ans. Il y a vingt ans vous étiez très tendu, et tout le monde plutôt détendu. Maintenant c’est tout l’inverse. Ça le fait rire, merde. On part avec des amis acheter une crêpe salée au kebab du coin. J’ai pas si faim, je ne vais peut-être rien commander finalement.

11-01-2022

Je me réveille pour faire pipi dans un avion de nuit. Il y a des turbulences, et comme dans un vaisseau spatial, je m’accroche à une poignée pour ne pas voler en apesanteur. Je remarque une bibliothèque géante de Tintin et Milou. Nous faisons une escale en Écosse. Je suis avec Léo et Kim et notre destination est le Pérou. Le temps d’une balade en ville, nous achetons des pulls. On croise des chatons minuscules. Sur la route je dis à Léo que je voudrais prendre un immeuble en photo, mais n’ai qu’un appareil portable sans pile. Un peu plus tard, j’embrasse un suédois et le tartine d’anti-cernes. Puis nous allons visiter un salon de thé où des suédois font des desserts bizarres, genre de la pâte de banane et de flocons d’avoine. On croise à nouveau les petits chats, leur mère est une grande chienne marron. En retournant vers l’avion nous croisons encore un chat, vraiment minuscule, ainsi que le suédois plein d’anti-cernes. Il va prendre soin des chatons. Léo précise : « Nous on doit retourner dans l’avion pour se faire un bon repas ».

20-07-2023

Melvyn, doctorant métis antillais, fait une présentation dans une grande salle un peu vide de l’EHESS. Il y a peu d’étudiants pour l’écouter, c’est un peu entre-soi. Il étudie une petite diaspora, en particulier leur langue et explique beaucoup de choses subtiles à ce sujet. Curieusement il ne veut pas dire d’où vient cette communauté ni dans quelle ville européenne elle vit. Certaines images qu’il projette, notamment la vue aérienne d’une place ancienne avec un bâtiment moderne, permettent de déduire qu’il s’agit de chrétiens orthodoxes d’Éthiopie. Melvyn montre ensuite les vidéos d’un quartier qui abrite une communauté orthodoxe, des Russes et des Arméniens. On le comprend à la forme d’une église et aux caractères cyrilliques sur certains bâtiments. Puis c’est la soutenance de thèse de Melvyn. Maria et moi sommes le seul public. Les tables sont alignées dans une disposition de salle de classe. Chauve, grosse moustache, grosses lunettes rondes, l’assesseur est assis face à Melvyn. Il ressemble à un intellectuel des années 1970 ; probablement un linguiste ou un ethnologue. La soutenance n’est pas très formalisée. Il est le seul membre du jury. Il est bienviellant. Pourtant, lorsque le doctorant commence à parler de la langue de cette population, l’assesseur se rend compte qu’il lui manque des bases très élémentaires, comme le verbe « lire », dont il ne connaît pas la traduction.

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