01-11-2020
Je voudrais acheter un billet pour retourner à Toronto. Je suis à l’aéroport de Mérignac et je pense que je suis à découvert. Si « paiement refusé » s’affiche, ce sera fichu. Au bout d’un couloir arrondi j’entre dans une épicerie asiatique où deux beaux stands de fruits de mer s’agitent. Les poulpes sont vifs et se promènent autour de leurs cagettes presque en rigolant. Quelques oursins sur le stand voisin sortent de leurs bogues ou s’y ré-introduisent. Comme des châtaignes possédées par des litchis. Les vendeurs ont des billets d’avion à vendre. Mais nous mettons du temps à nous comprendre. Finalement ils n’ont que des billets pour des pays en guerre. Me voilà dans un avion. Déjà en vol. Je cherche une place confortable. Je change de fauteuil plusieurs fois jusqu’à trouver un strapontin orange qui me va. À peine trouvé, le pilote, avec un fort accent chinois ou coréen annonce calmement que nous allons procéder à la descente. Il reste une petite douzaine d’heures quand même ! Sa voix, très chaleureuse, franchement souriante, marque beaucoup de pauses inhabituelles, ce qui le rend amical et plein d’un suspens assez bizarre. Puis il explique, toujours très calmement, que « ce qui importe… finalement… c’est… la… structure… » Cette prise de parole décalée laisse tout le monde dans le trouble, perplexes, voire carrément anxieux.
08-10-2020
Sur les quais, ambiance Bordeaux, Porto. C’est marée haute, des vagues énormes ! On est un groupe d’amis et de famille tout mélangé. Quelqu’un propose d’aller manger portugais. Tout le monde trouve ça super insolite et est d’accord. Malika, Patrick, les autres, tout le monde. Tout le monde, sauf une personne qui reste plantée là avec sa couronne et ses escarpins dorées : la reine ! Elisabeth refuse de manger portugais ! – Allez, insista l’un de nous qui avait sans doute faim. Allez, on y va ! C’est décidé ! – Il n’en est pas question, répondit la reine. Je décidai d’intervenir : – Allez venez, c’est une cuisine très fine… Je négligeai d’ajouter la formule Sa majesté. Sans dire mot, la reine prit ses cliques et ses claques, m’obligeant de courir après. Elle faisait un caprice ! La petite dame trébucha et fit exprès beaucoup de bruit. Je la ramassai comme si elle était une poupée et nous entrâmes dans une maison, en direction d’une chambre. Feignant une migraine pour montrer qu’elle n’était pas contente, la reine se laissa tomber en arrière sur un lit couvert d’un édredon, doré comme la couronne sur sa tête, doré comme les chaussures à ses pieds qui dépassaient du bord du lit. Elle se ficha d’être allongée à moitié sur une bosse et ne s’inquiéta pas, bien sûr, que la bosse était un dormeur !
18-04-2021
Je suis dans un rassemblement familial auquel participent aussi des ami-es. Mon père est très présent. Il y a deux chats, dont un que j’ai abandonné. Je m’en veux. Je l’ai laissé au bord d’une route, proche d’un centre commercial, attaché à un poteau. Je passe une première fois et je le détache. Je l’emmène avec moi en la câlinant. À l’intérieur de la maison, il monte aux rideaux. Escalade impressionnante. Ça ne plaît pas à mon père qui ne veut pas qu’il reste. Je lui dit que c’est injuste. On prépare un repas. Une grande table est dressée. Mickaël est sur un divan. Il joue à la console. Il manque du pain. Je propose d’aller en chercher avec Mickaël. On prend une voiture. On roule sur des boulevards, on traverse des zones industrielles, puis on arrive à une boulangerie qui se trouve dans une foire foraine. Je sors chercher du pain et demande de l’argent à mon oncle qui a pris la place de Mickaël. Il me tend quelques piécettes rouges, et un papier. Il y a beaucoup d’attente, une longue file de personnes devant moi. Je passe devant trois jeunes femmes qui me le font remarquer. Selon moi, ce sont elles qui sont passées devant moi. Toujours est-il que l’une d’entre elle passe de nouveau devant moi, en me poussant gentiment vers l’arrière. Un écart se crée entre nous deux et les autres personnes de la file. En riant, elle passe sa main sur mes fesses, et me pousse de nouveau. Je ris aussi puis je me rends compte que l’accès à la boulangerie est libre. Je monte des escaliers et arrive dans la boulangerie. Au moment de payer, je sors de ma poche le papier que m’a remis mon oncle. C’est une sorte de bon écrit dans une langue étrangère. Il est tamponné. Je sors aussi d’autres papiers dont des photographies qui intéressent beaucoup la boulangère. Elles sont empreintes de nostalgie. Réminiscence d’un jeune homme qui aurait été mon amoureux, un lien entre la boulangère et moi. Je décide de mettre fin à ce moment en sortant les pièces que m’a remises mon oncle. La boulangère les examine. Ce sont des pièces étrangères elles aussi. Je sais qu’elles ont peu de valeur.
14-03-2022
À petits pas je marche, tournant en rond, d’avant-arrières, mon téléphone à l’oreille. J’écoute les nouvelles du monde. Deux pays du sud-est de l’Europe viennent de connaître une série d’événement internes (émeutes, coups d’états, etc.) qui vont les fragiliser, risquant de les entraîner dans le sillage de la guerre en Ukraine.
02-06-2021
Pierre attache son vélo à un canapé mou avec un grand cadenas (sans relier aucune partie du vélo) dans le hall d’un cinéma. C’est le cinéma des halles de Pey Berland, une grande structure de verre, semblable à une serre, ou au Grand Palais, remplaçant la cathédrale. On entre. On s’installe dans une nacelle de métal peinte en vert olive. Notre assise se promène dans tout l’espace vitré, rempli de plantes. La structure métallique qui nous retient semble frêle. Un grand écran est installé sur l’un des côtés. Il y a aussi des promeneurs au sol, des buissons, des cactus, des gens assis sur des gradins statiques plus classiques.
16-10-2021
Une comète va tomber sur Pessac à la date donnée à l’instant par les informations. C’est demain ou après-demain. On nous explique qu’il y a de fortes chances qu’elle se désagrège complètement en passant dans l’atmosphère, que c’est un vieil objet céleste, déjà bien érodé. Dans les années 1990 un événement similaire s’était produit au Canada. Il y avait eu des dégâts seulement sur quatre kilomètres de diamètre au moment de la collision.
23-04-2021
Dans le couloir d’un aéroport, j’aperçois Tiphaine sur un écran. Nous commençons alors une conversation. J’attrape une boîte en carton Air France disposée derrière moi sur une étagère de goodies. Je l’ouvre et y découvre deux têtes en latex perruquées dans un filet de nylon. L’une d’hôtesse de l’air, l’autre de stewart. Je me cache de la caméra et de l’écran, le temps d’enfiler le visage de l’hôtesse sur le mien, même si je ne parviens pas à bien le déballer. Je réapparais à l’écran, super fier de ma blague, mais c’est déjà l’heure que j’y aille pour ne pas être en retard. Bisous Tiphaine.
17-10-2023
Depuis ma fenêtre rue du Pas-Saint-Georges, on aperçoit deux jeunes, fille et garçon style étudiant émo K-pop, qui s’assoient au bord du toit d’en face. Mais aussitôt, la fille tombe, quatre étages. Le garçon, choqué, se penche pour regarder et glisse à son tour. Dans mon salon, on est aussi sous le choc. On jette un œil. Assez de monde en bas, on descend pas. Peur d’être inutiles, de participer à la panique. Un peu après, on descend pour autre chose. On voit pas la fille, et le garçon est affalé au sol mais frétille légèrement comme de brefs spasmes. On comprend qu’il y a un concert place Caju, c’est sans doute ça qu’ils essayaient de voir depuis les tuiles. Nous on va vers un truc que Loloche veut me montrer. Dans la rue sur une placette un peu plus loin, elle et des amies à elle ont entreposé un bureau sur lequel (et à l’intérieur duquel) elles stockent des trucs, des chouchous, des paillettes, des petits bouts de plastique.
22-04-2020
Je suis rive droite, sur les berges. L’eau est juste là, facilement accessible, elle a l’air douce et calme, presque sans courant. Je reconnais cette courbe caractéristique, le méandre autour duquel la ville s’organise. Je me glisse dans l’eau. Il fait beau. Les façades des bâtiments de la rive gauche sont une sensation invisible. Tout, à l’horizon, est bas. Je nage dans une eau blanchie, comme par des limons calcaires et doux. Je suis le seul nageur, c’est très agréable. Je nage tranquillement, vers le sud. Mais je remarque une petite caméra flottante qui me suit. Une présence, comme téléguidée, dans mon sillage. Je m’arrête, je pense que j’ai pieds. Le fleuve ressemble à une fabrication plus qu’à une chose naturelle. J’attrape cette caméra, je la jette, pour reprendre aussitôt ma brasse sans être traqué. Quelques mètres plus loin, je réalise que je suis toujours suivi. Aux abords d’une sorte de muret, le niveau de l’eau diminue. Je décide de m’y planquer. Heureux de ma ruse, je jette un œil à la petite coque de plastique waterproof. Elle est stoppée, s’embourbe dans des volutes d’air qui se mêlent aux eaux du fleuve. Elle ne parvient pas à me suivre jusqu’ici, elle patine, elle s’étouffe. Je vois l’œil de l’objectif à travers une couche de plexiglas. Cette machine ressemble à un œuf, une sorte de drone aquatique.