16-03-2021

Je rentre en bus, un Trans’Gironde, d’un peu loin, en passant par Talence. Je regarde un homme vers l’avant du bus, debout, il me regarde. Je le fuis aussitôt du regard pour m’évader par la fenêtre. Des paysages d’échoppes défilent, calmes et presque fades. On passe par le cours Gambetta. On prend lentement le virage entre la rue Roustaing et la rue Waldeck-Rousseau. J’envoie un texto à Claire : “c’est loupé pour le BBQ :/”

01-11-2020

Je voudrais acheter un billet pour retourner à Toronto. Je suis à l’aéroport de Mérignac et je pense que je suis à découvert. Si « paiement refusé » s’affiche, ce sera fichu. Au bout d’un couloir arrondi j’entre dans une épicerie asiatique où deux beaux stands de fruits de mer s’agitent. Les poulpes sont vifs et se promènent autour de leurs cagettes presque en rigolant. Quelques oursins sur le stand voisin sortent de leurs bogues ou s’y ré-introduisent. Comme des châtaignes possédées par des litchis. Les vendeurs ont des billets d’avion à vendre. Mais nous mettons du temps à nous comprendre. Finalement ils n’ont que des billets pour des pays en guerre. Me voilà dans un avion. Déjà en vol. Je cherche une place confortable. Je change de fauteuil plusieurs fois jusqu’à trouver un strapontin orange qui me va. À peine trouvé, le pilote, avec un fort accent chinois ou coréen annonce calmement que nous allons procéder à la descente. Il reste une petite douzaine d’heures quand même ! Sa voix, très chaleureuse, franchement souriante, marque beaucoup de pauses inhabituelles, ce qui le rend amical et plein d’un suspens assez bizarre. Puis il explique, toujours très calmement, que « ce qui importe… finalement… c’est… la… structure… » Cette prise de parole décalée laisse tout le monde dans le trouble, perplexes, voire carrément anxieux. 

25-01-2021

Je demande à manger à un chinois dans la rue du Pas-Saint-Georges. Je suis avec ma nièce. Elle, elle voudrait des frites. Le chinois ouvre une petite armoire à même la terre, dans laquelle des branches coupées et des tas de feuilles de litchis sont empilés tissés tressés, et il y a dedans des sortes de cocons. Il dit que c’est mieux de les conserver ainsi, surtout en été. 

09-10-2021

J’entre dans un tunnel avec des gens. Il y a un grand couloir de plusieurs kilomètres que l’on va remonter. Quelqu’un est à cheval. Dans la main, je tiens une frange métallique que j’agite devant un projecteur lumineux de discothèque, mais ça ne produit pas beaucoup de reflets, ça me déçoit. On me dit que j’aurais pu le faire sur un vélo, ce trajet. On entame la course. Je demande au cavalier si il va trotter ou galoper (je dis d’abord galoter et me corrige). Dans le couloir, il y a différentes sections, toutes de la même taille, séparées par des portes entrouvertes grillagées. Des choses sont parfois entreposées sur la droite, des tubes, du métal, etc. Je tape dessus en passant et c’est musical.

06-04-2025

Arrivant sur mon vélo, près d’une intersection sous un pont, je suis étonné par un bébé nu et poilu, sur le dos du cycliste devant moi, qui l’empêche de redémarrer en s’agrippant fortement à un feu rouge. Il porte deux autres enfants dans un attelage bien périlleux. Un clochard qui zone par-là, décroche la main du bébé du signal tricolore. Et ils repartent. Une dame avec une coupe au bol blonde me rejoint à mon niveau sur son propre vélo et nous tournons en même temps à droite. Nous échangeons deux mots sur les questions capillaires, et nous retrouvons assis chez le premier coiffeur qui vient. Le coiffeur turc m’invite à m’installer près de l’angle, où trois places libres font face au miroir près de la vitrine. Des gens me reconnaissent à travers et crient mon prénom comme si j’étais une star : C’est Jean ! Regardez, c’est Jean ! Puis nous passons dans une seconde salle pour la suite de ma coupe. Le coiffeur, par-dessus ma tête, réagit à mon étonnement lorsque je vois surgir son collègue en string et tablier. C’est Nathalie ! Un troisième coiffeur apparaît face à moi, et débordant de désir il me dit : J’ai très envie de bulbe. Gêné je décline et montre du doigt vers ma gauche : Nathalie, peut-être ?

17-04-2021

Je prends part à un rassemblement, qui a lieu dans un espace entre forêt et friche industrielle. Je suis entourée d’images et de sérigraphies. Elles sont en vente pour financer je ne sais quel projet. Je suis chargée de la vente. Tout est rangé dans un placard en métal, l’un de ces vieux placards indus que l’on trouve dans les bureaux des entreprises. Un collectionneur arrive. Je lui présente des images. Il souhaite en voir d’autres, qui sont difficilement accessibles. Je sors des affiches que j’ai créées il y a plusieurs années. Je suis un peu gênée de sortir ces impressions d’autant plus quand je comprends que ce n’est pas ce que recherche le monsieur. Je fouille mieux et je me rends compte que le placard dans lequel étaient les print en vente ne contient que des affaires à moi. Les autres sont définitivement inaccessibles.

20-02-2024

Il y a quelques instants je discutais avec trois étudiants qui ont créé une super BD aux couleurs vives. Je leur demandais si elle était imprimée, eux m’ont répondu qu’elle est « ventrée-couchée ». Demandant de m’expliquer, ils précisaient : ventrée, c’est un pliage en vague, comme dans un livre japonais ou un leporello, et couchée, c’est la qualité du papier. Je ne sais plus trop pourquoi j’attends ici le tram, mais en voilà un qui passe sans s’arrêter, toutes lumières et indications éteintes, dans un bruit de moteur électrique. En fait, c’est pas du tout là que je vais. Je m’apprête à partir et une arbre rempli d’oiseaux m’interpelle. Je me rends compte que je n’ai pas mis tous mes habits. Je mets ma casquette.

21-06-2021

Anne présente son travail dans la nef du Capc. Elle explique que des cochons et des biquettes se promèneront dans son exposition. Un cochon rose visiblement inquiet surgit par la droite. Le public est nombreux à assister à la présentation. Le cochon passe à travers une cimaise. Peut-être qu’il s’est blessé. Je suis assis sur une table face à Anne. Elle mène sa présentation de façon assez intimiste, en s’adressant à des petits groupes de personnes. Le cochon réapparaît et s’approche de ma chaise, j’ai l’impression qu’il ne fait peur qu’à moi. Un second artiste présente son travail, je suis assis sur des marches. Il sort un hélicoptère télécommandé dans la nef ce qui plaît beaucoup à un groupe d’enfants.

27-03-2023

Au courrier du jour je reçois une enveloppe kraft qui contient juste 4 photos polaroïd. Elles présentent toutes les éléments d’un même lieu : un lac de la région qui m’est alors familier. Je les inspecte avec beaucoup de soin puis je découvre un message au dos d’une des vues : it’s time for her to wake up. J’aligne alors les images sur la table et je me retrouve immédiatement sur place. La nuit tombe je vois une silhouette qui avance dans le crépuscule. Je ne sais pas si c’est moi, cette personne qui ne me ressemble pas et que je vois comme si j’étais sorti de mon corps, ou bien si c’est un autre. Ce questionnement irrésolu provoque en moi un profond malaise. À mesure que l’on chemine, les lieux me semblent de plus en plus étranges. L’atmosphère est électrique. Je suis fasciné par la lumière et les couleurs irréelles et je ne ressens aucune crainte malgré la pénombre qui nous gagne peu à peu. Tandis que je/nous progressons, une lueur rouge nous accompagne et nous guide. Sa présence est rassurante c’est presque comme s’il s’agissait d’une entité qui nous ouvre la voie. Sur la berge, je finis par trouver un monticule sur lequel un serpent mort a été placé pour former le chiffre 9. C’est le signe que nous cherchions. On creuse alors le sol et on ne tarde pas à découvrir de curieux cristaux luminescents. Leur lueur m’envahit et me traverse. Soudain le sol tremble le vent souffle violemment, le ciel change de couleur à plusieurs reprises. Un grondement assourdissant emplit les lieux. Je suis brutalement réveillé par un hurlement rauque. C’est moi qui crie !

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