11-01-2022
Je me réveille pour faire pipi dans un avion de nuit. Il y a des turbulences, et comme dans un vaisseau spatial, je m’accroche à une poignée pour ne pas voler en apesanteur. Je remarque une bibliothèque géante de Tintin et Milou. Nous faisons une escale en Écosse. Je suis avec Léo et Kim et notre destination est le Pérou. Le temps d’une balade en ville, nous achetons des pulls. On croise des chatons minuscules. Sur la route je dis à Léo que je voudrais prendre un immeuble en photo, mais n’ai qu’un appareil portable sans pile. Un peu plus tard, j’embrasse un suédois et le tartine d’anti-cernes. Puis nous allons visiter un salon de thé où des suédois font des desserts bizarres, genre de la pâte de banane et de flocons d’avoine. On croise à nouveau les petits chats, leur mère est une grande chienne marron. En retournant vers l’avion nous croisons encore un chat, vraiment minuscule, ainsi que le suédois plein d’anti-cernes. Il va prendre soin des chatons. Léo précise : « Nous on doit retourner dans l’avion pour se faire un bon repas ».
21-12-2022
Je sors d’un hangar. Pour poursuivre mon chemin, je dois passer par une sorte de plateforme, une rampe semblable à un toboggan vu d’en bas, mais si incliné qu’elle finit carrément à la verticale. Il y a deux grands-mères qui s’apprêtent à faire la même escalade que moi. Ça m’inquiète pour elles. J’entends « Lucida a beau être vieille, elle est très agile ». Je passe quand même le premier, pour les dissuader si jamais ça me paraissait insurmontable. Arrivé dans la partie très inclinée, je manque de leur dégringoler dessus. « Non, mais vraiment, Lucida en est capable ». Alors je laisse les deux mamies me passer devant, en me disant que je pourrais leur faire une parade, retenir leur chute, si jamais.
28-05-2021
Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.
26-04-2021
Je suis en équipe. On se déplace dans la nature. On voyage en camion et à pied. On est beaucoup. Il est question d’organiser une teuf. On trouve un campement. C’est un pré, bordé d’arbres dans le fond. Une rivière coule derrière les arbres. Le pré ressemble à l’arrière de la maison de mes parents. Tout le monde se prépare à s’installer. Pierre est ici. Il conduit un grand camion bleu dans lequel il dort. Chacun-e vaque à ses occupations. L’extérieur se transforme en intérieur. On attend. Il y a beaucoup de chambres, beaucoup de lits. L’heure est au repos. Une première nuit se passe. Lorsqu’on se réveille, on est toujours dans l’attente. On prépare de quoi manger. Il y a beaucoup d’aubergines, mais il manque du pain. Quelqu’un sort des miches de je ne sais où et tout le monde est rassuré. Je n’ai pas besoin de faire de riz. Arrive de nouveau l’heure de dormir. Je me dirige vers ma chambre éphémère mais Marine Le Pen dort dans mon lit. Elle me tutoie. Moi, je la vouvoie puis je me dis que je peux, que je dois la tutoyer, c’est dans les usages du groupe. Elle est déjà allongée, je cherche une autre chambre. Je déambule dans des couloirs qui sont situés dans un espace semi-intérieur, semi-extérieur. Je croise des personnes dont deux femmes qui ont trois petites filles. L’une des femmes a un grand bonnet de lutin. Ses deux petites filles ressemblent à des poupées. L’une a les cheveux violets, elles ont des bottes de pluie colorées et font demi-tour car l’une d’elle a oublié de laver ses bottes ou ses cheveux. Je continue à marcher avec les femmes. J’arrive dans une chambre au fond d’un couloir. Olivier est dans la chambre. Il est super mal, il n’a pas dormi. Moi non plus, lui dis-je. Il commence à compter mes heures de sommeil pour comparer sa fatigue et la mienne : 3, 4, 5… Je trouve ça stupide. Je ne bataille pas. Puis on doit ranger la chambre. Ses parents arrivent. Il y a une chambre et une antichambre. Le père d’Olivier s’occupe de la chambre avec Olivier. Il se met tout nu pour ranger. Je reste avec la mère d’Olivier. Elle est très jeune. On discute, c’est chouette. Olivier vient nous interrompre en chouinant. Sa mère va ranger la chambre avec son fils et son mari. Je ne sais pas trop quoi faire. Je plie une couette et un polochon, puis je les range dans un placard, c’est un placard très profond dans lequel se trouvent déjà plein d’objets. Je suis surprise. Je marche, de nouveau accompagnée de quelques personnes. Il y a la femme qui porte un chapeau de lutin, accompagnée de deux autres filles, et deux garçons. On marche dans une ville que je connais. On est sur la route principale. Des arbres et des pierres la bordent. C’est une promenade agréable, sans voiture, sans béton. L’un des garçons, qui ressemble à Yoann mais qui s’appelle Greg, aimerait prendre un autre chemin, le long d’une rivière, mais l’une des filles a déjà commencé à emprunter le chemin initial. Je le préfère. Il monte, on aperçoit des pierres, encore et toujours, et un stade.
29-08-2023
Tout en marchant, traversant des passages, sur des quais élargis, je chante « Le petit train » de Les Rita Mitsouko dès qu’un tram passe à côté de nous. Je me trouve très drôle et malin de sarcasmes.
18-03-2023
En altitude, regard plongeant, je vois du thé noir tomber à travers des nuages sombres. Je rejoins le tourbillon de feuilles dans sa dégringolade spiralique et m’étale sur une aile d’avion.
06-04-2022
Une nouvelle arme dans une nouvelle guerre. Provoquant des dégâts inédits, un pays envoie des bombes à travers la croûte terrestre, via les antipodes du pays visé. Les bombes surgissent dans la rue et partout, par le sol. Tout est détruit, par les fondations.
15-04-2021
Déambulant lentement dans une queue vers la caisse d’une épicerie chinoise, j’aperçois un vase à 492 euros. Ça me paraît vraiment exagéré. Mon professeur d’arabe fait partie des clients. Il est proche de la caisse et regarde lui aussi des articles tout en avançant. Il tombe sur Le livre des réponses. Je suis au niveau d’un poteau carré sur lequel la sculpture en bois de trois visages africains est accrochée. Mon professeur pose une question à une première personne, juste devant lui. Tout en feuilletant le livre sans le lire, l’homme crépu répond “Mohamed”, ce qui prouve que le livre fonctionne. Puis mon professeur s’adresse à moi, me proposant de poser une question devant tout le monde. Je n’ose pas vraiment. Il explique alors de vive voix qu’il fait partie de ma vie (sa façon de dire qu’on se connaît). Il précise “Pose une question… raciale” et donne l’exemple de mes liens familiaux “une question sur tes racines ivoiriennes-libanaises”. Je réponds que je peux essayer mais que c’est difficile à formuler. Je pose la question, par saccades “Est-ce que Téta, ma grand-mère, a déclaré la naissance de mon père au Liban ?”
01-03-2023
Je suis en consultation chez le médecin. Allongé sur la feuille de papier jetable, sur la table de consultation. Et sur le départ. Le médecin me tend un flacon d’huile essentielle de pensée sauvage. Déjà entamé mais il me le donne. Il en reste assez pour moi. Il est écrit 17.36 sur l’emballage, c’est peut-être le prix. « Et qu’est-ce que je vous dois pour la consultation ? » En me tenant la porte il répond « Pas le temps maintenant, mais je m’en occuperai plus tard, je vous enverrai ça. »