30-11-2022

On me force à jouer une pièce de Feydeau. Je n’ai jamais réussi à apprendre le texte et là, on me pousse sur scène, je balbutie quelques mots, morte de trouille, je tente de répondre aux répliques envoyées. C’est Hervé qui joue M. Follavoine et j’imagine que je suis supposée interpréter le rôle de madame. Les spectateurs se mettent à crier, à me huer, la tête me tourne, je m’entends réciter un texte qui n’est pas celui de Feydeau mais de Lagarce. Les spectateurs maintenant se lèvent et s’en vont par grappes, en manifestant ouvertement leur mécontentement. Tout à coup, la lumière baisse, le noir se fait sur le plateau, un noir d’encre, des craquements se font entendre dans les cintres, et maintenant on distingue les spectateurs qui se déplacent et tentent de sortir comme ils peuvent, dans un début de panique et de colère. Des cris, des propos injurieux à mon encontre, les autres acteurs immobiles, me regardent, incrédules… Alors, je m’enfuis à tâtons, je quitte la scène, en proie à une honte incommensurable, je parviens jusqu’à la loge, d’où, grâce au retour plateau, j’entends le brouhaha qui monte, de plus en plus véhément, j’attrape mon manteau, et j’attends, tapie derrière la sortie des artistes, pour pouvoir m’enfuir. J’ai peur qu’ils me lynchent, qu’ils me pendent dans les cordes comme dans ces images atroces d’hommes noirs suspendus dans les arbres des campagnes américaines.

16-04-2021

Je suis avec un groupe de personnes, je ne sais qui. On a besoin de se réfugier dans un loft qui se trouve au dernier étage d’un immeuble. C’est chez François qui nous invite à entrer. Il y a des artistes. Ils viennent de gagner un prix. Ils travaillent dans le show business, et sont un peu pédants. Je ne les apprécie pas vraiment. François est très fier de les accueillir. Il y a aussi une partie de l’équipe du lieu unique. Et le lieu unique au fond, tout sombre, tout vide.

27-11-2022

Sur l’avenue qui longe la Seine à Andrésy nous marchons avec Benjamin. C’est la nuit, la discussion est agréable, animée. Soudain une voix nous interpelle : c’est celle d’une jeune femme aux yeux et cheveux clairs, look de punkette. Depuis sa Renault Espace garée dans le virage après la maison du Moussel, la conductrice a baissé la vitre passager pour nous parler. L’obscurité est profonde, nous ne l’avions pas vue. Je m’inquiète de cette grosse voiture garée tous feux éteints dans ce virage sombre. Mon ami devient un jeune homme au style lui aussi vaguement punk. Il semble avoir rendez-vous avec la jeune femme. Il s’agit de lui acheter une autre voiture, rouillée, presque une épave. Il n’est ni question de carte grise ni d’autres formalités, seulement d’une somme modeste payée en espèces. Bientôt je me retrouve au volant de l’épave avec mon jeune ami. Elle penche d’un côté et de l’autre. Assez vite, je me gare sur un terrain vague pour lui passer le volant. Il se rend compte de l’état de la voiture et décide de faire demi-tour pour retrouver la punkette. Nous la rattrapons rapidement. Elle marche vers le centre-ville. Mon ami veut annuler la transaction.

11-04-2024

Juste à l’arrière de la cabine des pilotes de l’avion, je suis assis parmi cette rangée aux premières loges. Le décollage est lourd et vite nous redescendons vers la ville. Nous roulons désormais sur une autoroute, passons sous un premier pont, puis un second. Le museau de l’appareil râpe ce dernier. Nous repartons en altitude mais l’engin est abîmé, probablement aux ailes. Nous perdons à nouveau de la hauteur. Une chute vertigineuse nous ramène vers le sol, au beau milieu du traffic routier. On a eu très peur. Les pilotes disent qu’ils ont senti tous nos pieds agrippés à leurs fauteuils. Je vois par le hublot une policière. Elle nous fait signe de passer, même si le feu est orange. Nous tournons à gauche.

28-05-2021

Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.

12-03-2021

Dans le hall d’un cinéma parisien, avec Louis nous nous dirigeons vers la sortie mais décidons de recharger nos abonnements. Dans la file juste derrière nous, des quinquagénaires parlent de jeux vidéo. Ils cherchent une année. Je dis “1997”. On passe en caisse. D’abord Louis. Il en a pour 50 euros. Ça me semble très cher, je me dis que c’est Paris. À mon tour, je dois remplir un formulaire. Je demande un stylo au travailleur handicapé qui me fait face mais en trouve finalement un juste à côté de moi. Écrire la date est très laborieux, je rature beaucoup… je le fais remarquer au guichetier qui me confirme. On devine 21/03 et très épais et raturé 2017. Ça fait 20 euros.

16-04-2021

Je suis dans un espace sauvage, bordé d’arbres. Quelqu’un me dit qu’il faut rentrer. Ça m’est impossible car Katu est ici. Il est redevenu sauvage et court très vite avec d’autres chats. Je les vois filer dans tous les sens. La nuit tombe. Katu passe à côté de moi, je tends les bras et arrive à l’attraper. Je l’approche de moi en le cajolant. Il est tout maigre.

05-03-2024

On est tous a la récré, tous les CM2 et soudain, Lina S_ se fait poignarder par un monsieur. Il a une cagoule, on voit pas sa tête. Avec trois copines, on va se bagarrer contre le monsieur. Léa lui casse le bras. La maitresse me dit d’aller vite à la gendarmerie pour le dire. J’ai mon téléphone dans mon sac, j’appelle ma mère, elle me répond pas. J’appelle mon père qui me dit : « Viens vite à la maison on mange un couscous »… Au tribunal, à Bordeaux, je suis près des juges. Y’a tous les CM2 derrière, et y’a un carré avec le monsieur dedans, qui a toujours sa cagoule. Et la famille de Lina est là derrière. Le monsieur dit qu’il a pas fait exprès. Je m’énerve « t’as pas fait exprès, t’as pris un couteau dans la cantine et tu l’as poignardée ! » Je prends ensuite la place du juge et je feuillette un dossier où il y a une photo du monsieur. Et là, je vois, c’est monsieur M., le directeur de notre école.

22-03-2023

Je suis sur un tournage dans une zone désertique. Il y a plusieurs caravanes et un set matériel très important. Je dirige une très grosse équipe, on est en train de faire des essais de lumière sur une scène avec un décor peint qui reproduit exactement le lieu où nous sommes. Ma mère est avec moi parce qu’elle fait une dépression et que son médecin m’a conseillé de lui faire prendre l’air. Elle reste enfermée dans sa voiture (une vieille Mercedes class A qu’elle ne possède plus) toute la journée en plein soleil avec un gros manteau en laine. Les préparatifs sont enfin terminés je vais me reposer sous une tonnelle j’entends soudainement un bruit énorme. J’accours sur place avec mon assistant, ma mère a écrasé plusieurs spots tungsten en forme de coccinelle volkswagen de couleur jaune. Ils sont détruits irrémédiablement… Elle rejette complètement la faute sur moi en me disant que je n’ai qu’à ranger mes affaires ! Je pique une colère mémorable. Puis une fois calmé, je repars faire une sieste… Quand je reviens une heure après, elle déplace l’intégralité du matériel le long du grillage de clôture du site et une grande partie a disparu (sans doute volé)… J’ai perdu les deux tiers de mon matériel ! Comme elle n’est plus là, je lui téléphone pour avoir une explication. Elle me répond alors qu’il serait temps de grandir et que je fais tout le temps des histoires pour pas grand chose. Je reçois plusieurs appels et sms du client qui souhaite savoir si le tournage s’est bien passé… Je ne réponds pas… Et je quitte le pays sous un faux nom dans la soirée.

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