26-03-2023
Dans une camionnette, L. conduit. on est à Jazeneuil, y’a d’autres personnes dans la voiture. Elle conduit bien mais très très vite et je ne suis pas attachée. J’ai un peu peur mais ça va. On traverse le centre du village, petites ruelles, rues blanches et propres. On se gare et on va voir des ami·exs à elle qui louent une ancienne banque, iels s’en servent d’atelier. Moquette grise et baies vitrées. Iels sont genre 10/12 à travailler ici. On me demande mon nom et mes pronoms, puis je papote avec une fille qui me parle d’une adaptation du film de Yoko Tsuno. Elle veut me prêter le dvd mais on ne le trouve pas. À la place je leur emprunte ou plutôt je leur vole des magazines people qui trainent. On me dit que J. travaille ici. Elle fabrique un immense pourtour de piscine en plâtre, je vois une vidéo d’elle sur un bateau, elle a fini sa pièce et a l’air super heureuse, il fait beau, elle boit une coupe de champagne. On sort de la banque et y’a des artistes de l’atelier qui font une perf dans la rue et dans les remparts. Iels ont des énormes masques en papier mâché et jouent une sorte de pièce de théâtre. Je trouve ça bof et je me demande comment les habitant·es accueillent leur présence et leur travail dans le village.
22-08-2020
J’attends le tramway parmi une foule bondée. Ma destination ne me préoccupe absolument pas. Pour éviter la cohue qui se prépare contre le véhicule, je décide d’aller d’un pas vif vers la station précédente. Je suis tout fier de mon stratagème. Il n’y a hélas pas moins de monde à cet arrêt. À l’intérieur d’une rame, debout entre deux duos de deux sièges. Une femme d’une cinquantaine d’année est masquée et assise. Je regarde le fauteuil vide à côté d’elle. Je croise son regard ; elle me fait signe de m’assoir, l’air de dire « ça suffit, c’est déjà pas mal ça » elle me montre nos masques, mon masque, son masque, le fauteuil. Je souris sous mon masque. Un peu de promiscuité. Je suis heureux de voir que les rapports humains se simplifient. Dans l’allée s’agite un grand chien roux frisé, il tire sa langue rose. Nos regards nous interceptent. Le sien est si intense, on dirait qu’il a trouvé en moi un super copain. Je me dit que cette femme est sa maitresse. C’est un chien d’un genre lévrier bâtard ondulé, orang-outan, jouet pour enfant, poney. Bien sympa.
19-03-2023
Au cinéma Le Dietrich, je dois préparer une performance autour d’un travail déjà fait, la « Rivière au Sud ». Le directeur est Samuel de la Résidence Kennedy. Je suis terriblement en retard, je ne sais même plus à quoi ressemble le montage qui doit être projeté durant la performance, et j’ai l’intime conviction qu’il faut le retravailler. La performance est à 21h après la diffusion du film « El Varon », qui passe à 19h. Je sors de la séance précédente où j’y performais « Remonte et Cours » à 17h. De cette performance je ne me souviens que des sièges de la salle, avec l’éclairage tout particulier du projecteur. Je dois faire un atelier avec des mômes avant la performance. Ça va être tendu. Je monte au deuxième étage chercher du matériel, papier coloré, via un ascenseur tout miteux, style monte-charge. Il y a de grandes étagères en métal avec des chaines qui pendent style Silent Hill. Je farfouille, je farfouille. Samuel me rejoint et m’aide à trouver les fameux papier colorés. Je pense toujours au montage que je dois faire pour l’autre performance. Aucun souvenir des rushs que je dois utiliser, le cauchemar. Je pense y mettre un pingouin. J’ai aussi envie d’aller voir les autres étages au-dessus puisque j’ai un ascenseur à dispo, mais y’a le taff. Je redescends par des escaliers tout blancs. Les mômes des Couronneries sont dans l’accueil et font un bordel de fou. On sort pour se diriger dans une salle dans le bâtiment d’à côté. Dehors c’est ambiance « À tombeau ouvert » de Scorcese, en tout cas New-York avec fumées et lumières colorées. On fait l’atelier sur un présentoir sans entrer dans le bâtiment. Des dinosaures colorés. Je pense encore à mon montage et je sors mon ordi pour le travailler à coté tout en disant « c’est bien, c’est bien » aux gamins. On entend un grand son, une porte claque. Samuel sort dans la rue avec la gueule en sang. Une ambulance arrive, et on galère de fou pour faire rentrer un brancard trop grand dans la camionnette. On finit par découper le brancard avec une scie circulaire. Les gamins adorent les étincelles qui sortent de cet atelier qui passe de découpe de papiers à découpe de brancard. On arrive à enfourner Samuel dans l’ambulance. Tout le monde monte à l’intérieur et on file. Je regarde par la fenêtre derrière le camion, le cinéma, pas de performance et le reste de brancard dans la rue enfumée avec un feu rouge.
02-05-2021
Je suis en voyage avec Céline. Nous croisons John et aussi Quentin, avec qui j’ai une affaire en cours. Je retrouve Céline près de sa voiture. Elle est avec Camille. Céline me dit que Camille parle peu. La voiture démarre. Arrêt dans une station-service. Camille va chercher une boisson. Je suis sur le parking d’un centre commercial avec Céline. On remonte en voiture, Céline et moi. Autoroute, goudron, béton. On suit une voiture chenille. On entre dans un nouveau parking, en souterrain, et je dois conduire la voiture qui me paraît très grande. On entre dans un appartement qui nous est prêté. J’ai à ce moment là le sentiment de devoir choisir entre deux choses dont j’ai envie : être avec Céline ou être avec Quentin et ses amis. Lou arrive et je vais avec elle acheter des victuailles dans un supermarché dans lequel tout est cheap et un peu mal rangé. On cherche les rayons « nourriture ». On traverse surtout des rayons d’objets. Des objets neufs qui se transforment en objets de seconde main. Mon regard s’arrête sur des piles de vieux Tintin qui sont rangés dans de vieilles armoires.
20-07-2023
Melvyn, doctorant métis antillais, fait une présentation dans une grande salle un peu vide de l’EHESS. Il y a peu d’étudiants pour l’écouter, c’est un peu entre-soi. Il étudie une petite diaspora, en particulier leur langue et explique beaucoup de choses subtiles à ce sujet. Curieusement il ne veut pas dire d’où vient cette communauté ni dans quelle ville européenne elle vit. Certaines images qu’il projette, notamment la vue aérienne d’une place ancienne avec un bâtiment moderne, permettent de déduire qu’il s’agit de chrétiens orthodoxes d’Éthiopie. Melvyn montre ensuite les vidéos d’un quartier qui abrite une communauté orthodoxe, des Russes et des Arméniens. On le comprend à la forme d’une église et aux caractères cyrilliques sur certains bâtiments. Puis c’est la soutenance de thèse de Melvyn. Maria et moi sommes le seul public. Les tables sont alignées dans une disposition de salle de classe. Chauve, grosse moustache, grosses lunettes rondes, l’assesseur est assis face à Melvyn. Il ressemble à un intellectuel des années 1970 ; probablement un linguiste ou un ethnologue. La soutenance n’est pas très formalisée. Il est le seul membre du jury. Il est bienviellant. Pourtant, lorsque le doctorant commence à parler de la langue de cette population, l’assesseur se rend compte qu’il lui manque des bases très élémentaires, comme le verbe « lire », dont il ne connaît pas la traduction.
25-01-2021
Je demande à manger à un chinois dans la rue du Pas-Saint-Georges. Je suis avec ma nièce. Elle, elle voudrait des frites. Le chinois ouvre une petite armoire à même la terre, dans laquelle des branches coupées et des tas de feuilles de litchis sont empilés tissés tressés, et il y a dedans des sortes de cocons. Il dit que c’est mieux de les conserver ainsi, surtout en été.
15-05-2021
Dans un appartement dont les fenêtres sont camouflées par des tissus, rideaux, stores, on regarde la projection d’une image de paysage sur le mur, avec un petit groupe dont une dame à cheveux gris et lunettes. On regarde la façon dont le soleil rentre malgré tout dans la pièce, se projette çà et là, se mêle à l’image de paysage. Ceci doit nous donner le résultat d’un sondage que l’on cherche encore à interpréter. Je remarque que les lignes ont bougé pour l’UMP par rapport à ce matin. La fenêtre à gauche est plongée dans l’ombre mais une fenêtre se reflète désormais à droite, sur le tissu du canapé.
12-07-2021
Des enfants avancent en jouant assis sur les toits. Je les vois par la fenêtre, ça me paraît super dangereux.
19-03-2021
En extérieur, face à des champs de maïs secs, assez près d’une forêt, une voix se fait entendre, et parle de la maîtrise du feu. À l’aide d’une tige de maïs super sèche j’allume une parcelle rectangulaire qui en frôle d’autres. Je suis satisfait du chemin du feu. Et ça sent bon. Ça réchauffe toute la zone. Le feu se propage sur un rectangle voisin séparé par une petite allée. Voilà qu’il atteint un genre de fournil-barbecue où des steaks végétaux et des galettes commencent à cuire grâce à la chaleur des flammes.