17-10-2023
Depuis ma fenêtre rue du Pas-Saint-Georges, on aperçoit deux jeunes, fille et garçon style étudiant émo K-pop, qui s’assoient au bord du toit d’en face. Mais aussitôt, la fille tombe, quatre étages. Le garçon, choqué, se penche pour regarder et glisse à son tour. Dans mon salon, on est aussi sous le choc. On jette un œil. Assez de monde en bas, on descend pas. Peur d’être inutiles, de participer à la panique. Un peu après, on descend pour autre chose. On voit pas la fille, et le garçon est affalé au sol mais frétille légèrement comme de brefs spasmes. On comprend qu’il y a un concert place Caju, c’est sans doute ça qu’ils essayaient de voir depuis les tuiles. Nous on va vers un truc que Loloche veut me montrer. Dans la rue sur une placette un peu plus loin, elle et des amies à elle ont entreposé un bureau sur lequel (et à l’intérieur duquel) elles stockent des trucs, des chouchous, des paillettes, des petits bouts de plastique.
12-03-2021
Une fille siffle un h/appeau étrange, face à un mur / colline / rambarde / falaise. Elle doit avoir perdu un oiseau. Plus loin je n’entends déjà plus le son de ce/t h/appeau. Mais un chien aboie, plus loin encore. Lui doit l’entendre. Le long de cette rue, de plus en plus urbaine, je monte-descends. Une voiture de filles ne me cède pas la priorité à une intersection, et va finalement se garer à peine plus loin dans un parc / espace vert, trajet de cinquante mètres.
13-03-2021
C’est presque l’heure du couvre-feu, il y a plein de gens dehors qui profitent des derniers instants. J’accompagne Pierre chercher un truc dans une pharmacie-librairie. Au moment de passer en caisse, il y a la file des acheteurs et juste derrière, celle des accompagnateurs, séparées par du ruban de plastique rouge et blanc, et des plots métalliques. Je vais l’attendre au fond, dans un espace rempli d’étagères de livres. Je feuillette un livre de cartographie. Une dame pète-sec m’interpelle « – Jonathan ». Elle est du magasin, et nous précipite Pierre et moi à quitter les lieux. On avance dans les allées de la galerie marchande. Je demande à Pierre s’il a déjà payé 38 euros en pièces de 20 centimes. Nous voilà dans un lit au rez-de-chaussée, près d’une fenêtre donnant sur la rue. À travers des rangées de voitures, sur le trottoir d’en face, je vois un homme et une femme qui s’installent à même le sol. L’homme est assis, torse nu, et sort un énorme sexe. Je dis à Pierre de regarder. La femme commence à être toute excitée et finalement, l’arrivée de piétons calme leurs (h)ardeurs. J’ai peur qu’ils me voient, voyeur.
27-08-2020
Juste devant l’entrée d’un parc à Bègles, dans une sorte de parking adjacent dont les places sont disposées sur une petite colline artificielle, un talus de pelouse. L’accès principal est longé d’un côté par une grande haie de bambous. Je suis avec ma mère et, tout en visualisant les premiers abords de ce parc qui donne sur les berges, je lui explique que cet endroit est accessible sur inscription, et que les habitants de Bègles y ont un accès privilégié. C’est un espace vert réservé à une jauge de 150 personnes, un choix de la municipalité. Ma mère me dit que c’est peut-être pour des raisons sanitaires. Je n’y avais pas pensé, m’imaginant plutôt que cette solution d’un nombre restreint de visiteurs avait été choisie pour laisser profiter au mieux de ce cadre ressourçant sans subir trop de présence humaine. Soudain je comprends que, sur ce parking, je suis avec ma mère morte et à la veille de son enterrement et que c’est une dernière occasion de passer du temps avec elle. Moi qui pensais partir vers 20h. Je vois le soleil commencer à se coucher à travers des voiles nuageux gris, une ambiance lunaire. Ma mère est plus jeune et plus mince, elle a l’air sereine. Je me dis qu’il y en a deux, l’une dans son cercueil qui n’est pas vraiment elle, mais une enveloppe, et une ici visible et vivante à mes yeux, pour une dernière fois. On commence à s’éloigner du parking, à longer la haie de bambous en direction de la rue. Je lui dis de faire attention à une voiture qui s’en va. On s’écarte pour la laisser passer. Puis je lui demande si elle va venir demain, je parle des funérailles. Juste en face des bambous, nous sommes au dessus d’un plan d’eau sur une petite passerelle. Cette eau est sans doute reliée aux berges du parc tout proche. Elle me répond que c’est marrant, qu’elle a regardé sur internet et que c’est seulement à douze minutes à pieds. Je pense qu’elle parle du trajet entre « là où elle est » et le cimetière. Elle complète – « d’habitude c’est plutôt des personnes âgées qui font ça, (elle parle de mourir) donc douze minutes…» Je me blottis dans les bras de ma mère comme un enfant en lui disant qu’elle va tellement me manquer.
29-08-2023
Tout en marchant, traversant des passages, sur des quais élargis, je chante « Le petit train » de Les Rita Mitsouko dès qu’un tram passe à côté de nous. Je me trouve très drôle et malin de sarcasmes.
16-04-2021
Je suis dans un espace sauvage, bordé d’arbres. Quelqu’un me dit qu’il faut rentrer. Ça m’est impossible car Katu est ici. Il est redevenu sauvage et court très vite avec d’autres chats. Je les vois filer dans tous les sens. La nuit tombe. Katu passe à côté de moi, je tends les bras et arrive à l’attraper. Je l’approche de moi en le cajolant. Il est tout maigre.
26-08-2020
Avec ma sœur, nous sommes dans la cour de notre ancienne maison à Talence, rue Marie. C’est une sorte de long chemin étroit en forme d’éclair. Ma sœur m’entraine vers le portail pour une histoire de poubelle, à sortir ou à rentrer… Arrivées au portail, nous sortons, et devant le rideau du garage voisin, une demi-douzaine d’amis aux visages inconnus sont attroupés comme un chœur de chorale. Ce sont des gens qui me sont chers. Ils sont tout sourire et me chantent une chanson d’anniversaire. Je suis trop contente.
16-03-2023
Je vais à l’épicerie dans un troisième lieu. C’est la première fois que je vois cette boutique. Le grand kebab est toujours là. Au moment où je vais entrer, un homme incompréhensible entre aussi. Il tombe par terre et vomit. Tout le monde panique, et j’appelle le 15. Je ressors du magasin.
17-01-2025
Dans un grand amphithéâtre aux fauteuils rouges, je suis chargé de tenir le micro de l’invité de Guillaume Erner qui n’est autre que Jean-Marie Le Pen. J’assiste donc de près à toute l’interview. L’horrible papi est sympathique, personne ne lui pose de questions problématiques ni ne lui renvoie d’impressions négatives. Je réajuste la distance au micro, provoquant chez lui un léger recul de surprise. La dernière femme à lui poser une question le fait en marchant vers nous et presque en chuchotant, mais elle semble en colère. Savez-vous combien de temps vit un moustique Monsieur Le Pen ? Quatre heures, douze heures ou vingt-quatre heures ? Le vieux répond sans hésiter, vingt-quatre heures. Ce qui accentue la colère de la dame. Non c’est faux. Oui j’ose dire non ! mais déjà la régie coupe les micros. Je m’adresse alors directement à l’invité. Vous paraissez détendu aujourd’hui, je veux dire, vous êtes beaucoup plus détendu qu’il y a vingt ans. Il y a vingt ans vous étiez très tendu, et tout le monde plutôt détendu. Maintenant c’est tout l’inverse. Ça le fait rire, merde. On part avec des amis acheter une crêpe salée au kebab du coin. J’ai pas si faim, je ne vais peut-être rien commander finalement.