17-10-2023
Depuis ma fenêtre rue du Pas-Saint-Georges, on aperçoit deux jeunes, fille et garçon style étudiant émo K-pop, qui s’assoient au bord du toit d’en face. Mais aussitôt, la fille tombe, quatre étages. Le garçon, choqué, se penche pour regarder et glisse à son tour. Dans mon salon, on est aussi sous le choc. On jette un œil. Assez de monde en bas, on descend pas. Peur d’être inutiles, de participer à la panique. Un peu après, on descend pour autre chose. On voit pas la fille, et le garçon est affalé au sol mais frétille légèrement comme de brefs spasmes. On comprend qu’il y a un concert place Caju, c’est sans doute ça qu’ils essayaient de voir depuis les tuiles. Nous on va vers un truc que Loloche veut me montrer. Dans la rue sur une placette un peu plus loin, elle et des amies à elle ont entreposé un bureau sur lequel (et à l’intérieur duquel) elles stockent des trucs, des chouchous, des paillettes, des petits bouts de plastique.
15-04-2021
Déambulant lentement dans une queue vers la caisse d’une épicerie chinoise, j’aperçois un vase à 492 euros. Ça me paraît vraiment exagéré. Mon professeur d’arabe fait partie des clients. Il est proche de la caisse et regarde lui aussi des articles tout en avançant. Il tombe sur Le livre des réponses. Je suis au niveau d’un poteau carré sur lequel la sculpture en bois de trois visages africains est accrochée. Mon professeur pose une question à une première personne, juste devant lui. Tout en feuilletant le livre sans le lire, l’homme crépu répond “Mohamed”, ce qui prouve que le livre fonctionne. Puis mon professeur s’adresse à moi, me proposant de poser une question devant tout le monde. Je n’ose pas vraiment. Il explique alors de vive voix qu’il fait partie de ma vie (sa façon de dire qu’on se connaît). Il précise “Pose une question… raciale” et donne l’exemple de mes liens familiaux “une question sur tes racines ivoiriennes-libanaises”. Je réponds que je peux essayer mais que c’est difficile à formuler. Je pose la question, par saccades “Est-ce que Téta, ma grand-mère, a déclaré la naissance de mon père au Liban ?”
16-03-2021
Je rentre en bus, un Trans’Gironde, d’un peu loin, en passant par Talence. Je regarde un homme vers l’avant du bus, debout, il me regarde. Je le fuis aussitôt du regard pour m’évader par la fenêtre. Des paysages d’échoppes défilent, calmes et presque fades. On passe par le cours Gambetta. On prend lentement le virage entre la rue Roustaing et la rue Waldeck-Rousseau. J’envoie un texto à Claire : “c’est loupé pour le BBQ :/”
06-10-2021
Un garçon essaie de démarrer son vélo électrique au début du cours Victor Hugo. Il doit s’assoir à l’arrière après avoir posé son pied sur une sorte de batterie installée au niveau d’un chariot. Puis se tracter vers la selle, un pied en équilibre. N’y arrivant pas il demande de l’aide à un petit groupe de gens pas loin de moi.
21-06-2021
Anne présente son travail dans la nef du Capc. Elle explique que des cochons et des biquettes se promèneront dans son exposition. Un cochon rose visiblement inquiet surgit par la droite. Le public est nombreux à assister à la présentation. Le cochon passe à travers une cimaise. Peut-être qu’il s’est blessé. Je suis assis sur une table face à Anne. Elle mène sa présentation de façon assez intimiste, en s’adressant à des petits groupes de personnes. Le cochon réapparaît et s’approche de ma chaise, j’ai l’impression qu’il ne fait peur qu’à moi. Un second artiste présente son travail, je suis assis sur des marches. Il sort un hélicoptère télécommandé dans la nef ce qui plaît beaucoup à un groupe d’enfants.
17-04-2021
Je prends part à un rassemblement, qui a lieu dans un espace entre forêt et friche industrielle. Je suis entourée d’images et de sérigraphies. Elles sont en vente pour financer je ne sais quel projet. Je suis chargée de la vente. Tout est rangé dans un placard en métal, l’un de ces vieux placards indus que l’on trouve dans les bureaux des entreprises. Un collectionneur arrive. Je lui présente des images. Il souhaite en voir d’autres, qui sont difficilement accessibles. Je sors des affiches que j’ai créées il y a plusieurs années. Je suis un peu gênée de sortir ces impressions d’autant plus quand je comprends que ce n’est pas ce que recherche le monsieur. Je fouille mieux et je me rends compte que le placard dans lequel étaient les print en vente ne contient que des affaires à moi. Les autres sont définitivement inaccessibles.
25-01-2021
Je demande à manger à un chinois dans la rue du Pas-Saint-Georges. Je suis avec ma nièce. Elle, elle voudrait des frites. Le chinois ouvre une petite armoire à même la terre, dans laquelle des branches coupées et des tas de feuilles de litchis sont empilés tissés tressés, et il y a dedans des sortes de cocons. Il dit que c’est mieux de les conserver ainsi, surtout en été.
01-06-2020
Depuis une rue basse et resserrée type tronçon Nansouty-Victoire, je franchis le seuil d’un kebab vitré. Il y a un comptoir, et des panneaux pour commander à ma droite, rectangles de plastique brillant suspendus au plafond. Tout au fond, il y a une seconde grande baie, une vitrine sur la ville qui donne sur une sorte de cours de la Somme. C’est grand, c’est clair, c’est traversant. Ça se présente à moi. En un regard, je me retrouve dans un bus avec Françoise. Thomas m’appelle en visio sur mon téléphone. Je réponds. Il apparaît à travers plusieurs applis qui s’enchaînent, se déchainent. On dialogue. Je montre Françoise à la webcam, à Thomas dans l’écran. Je ne sais pas dans quel sens nous roulons, il y a des ambiances de trottoirs aux fenêtres. Ça roule, ça défile, ça révèle. Je sais qu’il y a quelque chose dans un sens comme une gare ou un centre … c’est un point qui aspire.
28-05-2021
Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.