18-03-2023

En altitude, regard plongeant, je vois du thé noir tomber à travers des nuages sombres. Je rejoins le tourbillon de feuilles dans sa dégringolade spiralique et m’étale sur une aile d’avion.

26-03-2023

Dans une camionnette, L. conduit. on est à Jazeneuil, y’a d’autres personnes dans la voiture. Elle conduit bien mais très très vite et je ne suis pas attachée. J’ai un peu peur mais ça va. On traverse le centre du village, petites ruelles, rues blanches et propres. On se gare et on va voir des ami·exs à elle qui louent une ancienne banque, iels s’en servent d’atelier. Moquette grise et baies vitrées. Iels sont genre 10/12 à travailler ici. On me demande mon nom et mes pronoms, puis je papote avec une fille qui me parle d’une adaptation du film de Yoko Tsuno. Elle veut me prêter le dvd mais on ne le trouve pas. À la place je leur emprunte ou plutôt je leur vole des magazines people qui trainent. On me dit que J. travaille ici. Elle fabrique un immense pourtour de piscine en plâtre, je vois une vidéo d’elle sur un bateau, elle a fini sa pièce et a l’air super heureuse, il fait beau, elle boit une coupe de champagne. On sort de la banque et y’a des artistes de l’atelier qui font une perf dans la rue et dans les remparts. Iels ont des énormes masques en papier mâché et jouent une sorte de pièce de théâtre. Je trouve ça bof et je me demande comment les habitant·es accueillent leur présence et leur travail dans le village.

29-04-2021

Je suis dans une soirée organisée dans une friche. Je ne connais pas cet endroit. Je suis ici à titre d’invitée. Il y a beaucoup de personnes, des grands couloirs. Je déambule. Je cherche Pascal du regard. Il est avec son frère, il porte un bermuda hawaïen. Je les retrouve dans plusieurs espaces. Il y a des espaces extérieurs que j’entrevois derrière des grillages, et des espaces intérieurs qui sont surtout de grands halls. Je m’approche de Pascal dans une cour, lui demande de l’attention et on se fâche. Je retourne déambuler en bas. J’arrive dans un espace de toilettes, douches, un peu inondé. De l’eau coule d’une installation de plomberie douteuse et un peu monstrueuse installée au plafond. Je préviens des personnes, qui me répondent qu’on est dans un lieu éphémère, qu’elles ne peuvent rien faire. Je vais vers la sortie et je me rends compte que le chemin est aussi inondé. C’est plus un torrent qu’un chemin. Un groupe se missionne. Il faut ouvrir un portail qui a l’air indéplaçable. On me donne des bonbons dont deux tombent par terre. Quelqu’un les ramasse et me les rends. Lorsque je les ai en main, ils se transforment en guimauve rose. Il nous faut ouvrir ce portail pour dégager un nouveau chemin. On s’y attèle.

19-04-2021

Je suis à un arrêt de métro avec plusieurs personnes dont Guillaume. J’ai une super doudoune jaune et une écharpe bleu. Je suis très fière. Je dois partir et je sais que j’ai deux possibilités. Soit je rejoins Amélie et d’autres personnes, qui campent dans la nature. Des chemins zigzagant au milieu des collines me viennent en tête. Le camp se situe en haut d’un plateau sur une grande pierre plate. Il y a une tente et des vêtements qui sèchent au milieu de la forêt. Soit je rejoins Caroline et Jessica qui sont en train d’ouvrir un squat artistique en haut d’une tour.

15-04-2021

Déambulant lentement dans une queue vers la caisse d’une épicerie chinoise, j’aperçois un vase à 492 euros. Ça me paraît vraiment exagéré. Mon professeur d’arabe fait partie des clients. Il est proche de la caisse et regarde lui aussi des articles tout en avançant. Il tombe sur Le livre des réponses. Je suis au niveau d’un poteau carré sur lequel la sculpture en bois de trois visages africains est accrochée. Mon professeur pose une question à une première personne, juste devant lui. Tout en feuilletant le livre sans le lire, l’homme crépu répond “Mohamed”, ce qui prouve que le livre fonctionne. Puis mon professeur s’adresse à moi, me proposant de poser une question devant tout le monde. Je n’ose pas vraiment. Il explique alors de vive voix qu’il fait partie de ma vie (sa façon de dire qu’on se connaît). Il précise “Pose une question… raciale” et donne l’exemple de mes liens familiaux “une question sur tes racines ivoiriennes-libanaises”. Je réponds que je peux essayer mais que c’est difficile à formuler. Je pose la question, par saccades “Est-ce que Téta, ma grand-mère, a déclaré la naissance de mon père au Liban ?”

28-05-2021

Vers la route de Toulouse, j’emprunte un rond-point à vélo et à contre-sens en direction de Bègles, dans des petits dédales de rues. Je m’arrête devant un mur public en parpaings gris, et j’appelle la mairie. Une femme me répond « Monsieur M, monsieur vous devez être surpris que je vous réponde comme ça, justement j’étais sur votre dossier, vous vous demandez où ça en est ». Je commence à escalader le mur devant moi, vertigineux, tout en poursuivant la conversation dans un périlleux appel main-libre, étouffant mes efforts au maximum pour ne par intriguer mon interlocutrice. Je lui précise que j’appelle car je suis passé pour une histoire de carte d’identité. Je chevauche la crête du très haut mur, angoissant d’une possible chute, mais me dirigeant vers une descente encore plus périlleuse. « Il y a eu un problème de graphie lorsque ma collègue a recopié votre date de naissance, vous êtes bien né en 1997 ? – Non, en 1987. – Ah mince ». Je poursuis, m’accrochant des deux mains en me contractant pour descendre lentement le long d’un pan de 2,30 mètres environ, surplombant un vide de plus de six mètres. Je me dis que ce serait tragi-comique de tomber et de mourir à cet instant, au moment même où je parle avec une employée municipale de mes papiers d’identité et de ma date de naissance.

31-03-2021

Dans une rue, avec Mathieu et Cyril, au-delà de l’heure du couvre-feu, on se décide finalement à rentrer, mais on réalise qu’on s’est beaucoup éloignés. Alors qu’on passe à côté d’un renfoncement, dans la rue, on aperçoit une voiture de police. On file se cacher. On se faufile entre les voitures, on passe sous un grillage entaillé, ça nous griffe. Je me mets à plat ventre tout en entendant les policiers approcher.

21-10-2023

Mon tram est remplacé par un bus. À l’intérieur plein de sièges trop près les uns des autres (comment passer ?) et d’autres places immenses. Je choisis une place immense. Dedans, des étudiants de tous les pays. À côté de moi, un type métis doit avoir un crush sur moi (non réciproque). Il commence à jouer de la musique de vibrations labiales sur le haut de ma tête. Je me dis « technique de la musique crânienne ». Un étudiant passe faire un sondage des provenances. From where bla-bla-bla… Après avoir remballé mon voisin musicien, et entendu deux trois personnes répondre au sondage, je fais une blague à voix haute « I’m visiting Pessac and I am from Bordeaux ». Tout le monde m’a entendu, mais ça ne fait rire personne. Tant pis, le flop, je comprends que pour tout le monde ici Pessac s’appelle Bordeaux… Me voilà attelé à l’avant du bus. Je le tracte en courant, si bien qu’il roule aussi vite qu’un bus lambda. Parfois je repose mes pieds sur le pare-brise, j’ai un peu peur d’être écrasé, de basculer en dessous. On double un vélo.

16-03-2021

Dans un rayon “jouets” avec Simon R, on regarde les articles. Je vois des figurines, des objets phosphorescents. J’avance vers la tête de gondole où je vois des bracelets qui brillent la nuit présentés avec le slogan Ne perdez plus de vue votre enfant. Je poursuis, vers le rayon suivant. Le plafond est plus bas. C’est ici une papeterie attenante à un musée. J’attends deux femmes qui visitent l’exposition. Je préfère rester ici, explorer les rayons. Je trouve de belles cartes de France, à différentes échelles. Je demande un renseignement à une femme “Je cherche une carte plus grande et du papier ni page simple ni page double ni page perforée”. Elle me sort une grande page pliée sur elle-même, du format d’une nappe, bien emballée dans un film plastique semi-rigide. Elle précise “C’était courant dans les années soixante, c’était pour éviter de tourner les pages durant les examens, pour éviter de tricher, de dissimuler des choses.” La grande page-nappe a des catégories pré-imprimées en début de ligne.

Espaces

Temps