16-01-2025
Je ne comprends pas comment accéder aux salles d’emprunt de cette bibliothèque. Je tente d’utiliser en vain l’ascenseur-escalier en colimaçon et finis par demander de l’aide à l’homme de l’accueil. Il me fait une démo. J’actionne la manivelle comme il faut et arrive à l’étage, l’escalier tourné vers une sortie qui débouche dans un centre commercial. Je fais quelques pas, m’assoie dans un fauteuil roulant, admire le jeu des lumières projetées dans le faux plafond et m’approche de la vitrine d’un salon de coiffure. Plus loin une ouverture donne sur l’extérieur. Je retourne dans l’escalier, l’actionne et le fais tourner vers une seconde issue, côté bibliothèque. Plongée dans la pénombre, cette zone est une étroite mezzanine avec une rambarde bien frêle. Je manque de me crêper par dessus la balustrade. J’aperçois des gens qui consultent des livres et des estampes.
04-11-2024
Après avoir franchi le préau carré de la mosquée, je passe scrupuleusement l’aspirateur dans son hall de béton moderne. Deux femmes que je reconnais s’apprêtent à entrer, avec hésitation, dans la salle de prières, jusque dans les pièces de réception et les appartements privés du supérieur religieux local. Passant à côté d’elles, je leur adresse la parole et leur déconseille. D’accord, mais dans ce cas, vous devez y aller à notre place ! Ce à quoi j’obéis, sans discussion. J’entre dans une première pièce, c’est tout alambiqué. Plusieurs pièces se succèdent et mènent à un étage. Dans la seconde pièce, je trouve des flyers en arabe et en touche deux mots aux femmes à travers la fenêtre. Je continue vers l’étage où un biscuit rond déjà croqué est posé sur un paquet abandonné. J’hésite à le croquer pour de bon, mais en choisis un entier dans le paquet, pour plus de discrétion. Le biscuit à la main, voleur, je descends l’escalier et croise alors droit dans les yeux, monsieur l’imam qui revient dans ses appartements.
22-02-2024
Un ouvrier a fait un malaise. Je sors d’un ascenseur, il est allongé au sol devant moi dans la longueur du couloir. Je m’approche de lui et vérifie son état, il est conscient mais complètement sonné. « Je vais vous amener de l’eau, du sucre, vous êtes tombé dans les pommes. » Ça le fait sourire. Il me demande difficilement et avec gêne de lui amener plutôt de la bière. Je monte à l’étage et appelle son entreprise pour les prévenir de son malaise. On me passe le patron, il m’engueule. Et ironique il me demande « Mes ouvriers n’ont pas à tomber dans les pommes, c’est ça ? » Il en profite pour me préciser que je suis en retard sur le règlement d’une facture.
08-04-2023
Je suis en haut de la tour Kennedy à Poitiers. Les toits sont remplis d’antennes. Je suis sur un chantier pour la mise en place d’une exposition d’art contemporain. Je suis au bord du toit et j’installe les enceintes pour de la diffusion de son. L’exposition traite du son. Je trébuche sur un fil et les enceintes chutent du 13ème étage. J’entends les cris en contrebas. Les enceintes sont à mi-chute, je décide de sauter dans le vide pour rattraper mon erreur. Je m’évanouis mais j’entends juste des gens se faire écraser par une multitude d’enceintes, amplis et tout autres objets. Je sens que je m’éclate en bas et me réveille, une première fois. Puis, je chute et tombe indéfiniment avant de me réveiller, plusieurs fois.
19-03-2023
Au cinéma Le Dietrich, je dois préparer une performance autour d’un travail déjà fait, la « Rivière au Sud ». Le directeur est Samuel de la Résidence Kennedy. Je suis terriblement en retard, je ne sais même plus à quoi ressemble le montage qui doit être projeté durant la performance, et j’ai l’intime conviction qu’il faut le retravailler. La performance est à 21h après la diffusion du film « El Varon », qui passe à 19h. Je sors de la séance précédente où j’y performais « Remonte et Cours » à 17h. De cette performance je ne me souviens que des sièges de la salle, avec l’éclairage tout particulier du projecteur. Je dois faire un atelier avec des mômes avant la performance. Ça va être tendu. Je monte au deuxième étage chercher du matériel, papier coloré, via un ascenseur tout miteux, style monte-charge. Il y a de grandes étagères en métal avec des chaines qui pendent style Silent Hill. Je farfouille, je farfouille. Samuel me rejoint et m’aide à trouver les fameux papier colorés. Je pense toujours au montage que je dois faire pour l’autre performance. Aucun souvenir des rushs que je dois utiliser, le cauchemar. Je pense y mettre un pingouin. J’ai aussi envie d’aller voir les autres étages au-dessus puisque j’ai un ascenseur à dispo, mais y’a le taff. Je redescends par des escaliers tout blancs. Les mômes des Couronneries sont dans l’accueil et font un bordel de fou. On sort pour se diriger dans une salle dans le bâtiment d’à côté. Dehors c’est ambiance « À tombeau ouvert » de Scorcese, en tout cas New-York avec fumées et lumières colorées. On fait l’atelier sur un présentoir sans entrer dans le bâtiment. Des dinosaures colorés. Je pense encore à mon montage et je sors mon ordi pour le travailler à coté tout en disant « c’est bien, c’est bien » aux gamins. On entend un grand son, une porte claque. Samuel sort dans la rue avec la gueule en sang. Une ambulance arrive, et on galère de fou pour faire rentrer un brancard trop grand dans la camionnette. On finit par découper le brancard avec une scie circulaire. Les gamins adorent les étincelles qui sortent de cet atelier qui passe de découpe de papiers à découpe de brancard. On arrive à enfourner Samuel dans l’ambulance. Tout le monde monte à l’intérieur et on file. Je regarde par la fenêtre derrière le camion, le cinéma, pas de performance et le reste de brancard dans la rue enfumée avec un feu rouge.
15-06-2022
Le soleil gonfle. Il va encore gonfler, gonfler, engloutir tout calmement. On est un groupe dans une cuisine à l’étage d’une tour moderne, vitrée. Et voilà, il s’approche tellement que ça y est. La corolle de magma pénètre par la fenêtre. Et si on se faisait un câlin pour ce dernier instant ?
03-05-2021
Je suis dans un immeuble, je passe d’appartement en appartement. Il est en mauvais état, pas vraiment habitable. Un Dj est invité à passer de la musique dans une radio dance-club. Il vient d’Europe de l’Est, il est avec sa famille réfugiée. Ils squattent l’immeuble. Dans un étage qui est à moitié démoli, se trouvent des enfants assis, leurs jambes pendent dans le vide. Je dois ranger une bassine pleine de colle. Je me retrouve assise avec Lou sur un parterre d’herbe. Une enfant gitane est avec nous. Elle est sous la protection de Lou qui l’exhibe de manière un peu maladroite en racontant que la petite, après avoir vu une émission sur France 3, est tombée amoureuse d’un réfugié de 14 ans et a téléphoné à la chaîne de télévision pour le retrouver. Lou met en avant la décontenance de la personne qui a décroché le téléphone. C’est un peu humiliant pour la petite.
16-04-2021
Tout près de la fenêtre de mon appartement au 4ème étage de la rue du cancera, j’entends une conversation inhabituellement proche. Je me penche pour regarder. Il y a une crue vraiment spectaculaire, l’eau est montée jusqu’à la rigole de zinc de mon étage et le courant est calme. Le ciel est bleu. Il fait doux. Les voix que j’entendais sont celles de deux personnes qui discutent tout en dérivant vers la Garonne sur un radeau minimal semblable à une porte. J’ai peur que l’eau monte encore et entre en débordant par mes fenêtres. En m’imaginant les trois étages de ville engloutie, si paisibles malgré la catastrophe en cours, je déplace mes livres pour les protéger d’un dégât qui approche. L’eau qui commençait à s’infiltrer par ma moquette en un bruit pétillant cesse de transpercer. L’écume se dissout. Le niveau baisse brutalement et l’on voit réapparaître jusqu’au second étage. Un fourgon est coincé sur un balcon de l’immeuble d’en face. Des ouvriers se demandent comment ils vont gérer tout cela. La décrue se poursuit, lentement.
16-04-2021
Je suis avec un groupe de personnes, je ne sais qui. On a besoin de se réfugier dans un loft qui se trouve au dernier étage d’un immeuble. C’est chez François qui nous invite à entrer. Il y a des artistes. Ils viennent de gagner un prix. Ils travaillent dans le show business, et sont un peu pédants. Je ne les apprécie pas vraiment. François est très fier de les accueillir. Il y a aussi une partie de l’équipe du lieu unique. Et le lieu unique au fond, tout sombre, tout vide.
17-10-2020
Je fais une grande marche arrière, un peu rapide, sur une route inconnue… Je visite le chantier d’un immeuble à Bègles dans lequel je vais emménager dans quelques temps. Je me pense seule et souhaite en profiter pour prendre le bel ascenseur extérieur. Mais une femme arrive. Elle avait visité le chantier il y a plusieurs années, avec le projet de s’y installer également. Elle me dit que ça fait 10 ans, je pense 5. On se retrouve avec un groupe de gens autour d’une table, entre étage et rez-de-chaussée. Tout le monde est masqué sauf une fille qui a une visière en tissu qu’elle a elle-même confectionné, fixée à un cercle de bois, comme de la broderie, ou comme un abat-jour. Je dis « C’est super » et aux autres « J’ai envie de voir vos belles gueules, vos bouches ». On dirait une apicultrice. On se demande si c’est aux normes.