28-02-2024

Je suis avec Lorine à son concert. Les gens sont admiratifs et amoureux, et moi aussi. J’ai perdu mon portefeuille depuis un moment, une grande pochette dans laquelle j’ai d’autres choses que des cartes. Je ne veux pas quitter Lorine alors je ne le cherche pas et me dis que je le retrouverai plus tard. Elle mange des wings de poulet, les dévore à pleines dents debout devant le fast food, de manière assez sale et décomplexée. Ça m’étonne. Bientôt on se sépare et je me mets à angoisser pour mon portefeuille perdu. J’essaye de retrouver les endroits où je suis passée plus tôt dans la soirée. Sur une place, je croise Elsa et un gars de la ville que je connais. Le gars dit que le restaurateur d’en face lui vend de la drogue et Elsa lui fait répéter dix fois parce qu’elle ne comprend pas. Je les quitte et rejoins un arrêt de tram proche de chez moi. De loin, j’aperçois mon portefeuille ouvert par terre, et il y a des gens autour. Une fille l’ouvre en passant pour prendre le sachet de filtres et s’en va. J’ai le coeur qui commence à battre très très fort en marchant vers l’objet. Je me demande si les gens ont juste pris quelques sous ou cigarettes et ont laissé mes affaires. J’ai peur que quelqu’un le vole sous mes yeux. Plus je m’approche, plus c’est agité. Il fait nuit noire mais je vois très bien. Près du but, j’aperçois un homme au sol. Il vient juste de tomber à côté de mon portefeuille-sac à dos, et des pompiers arrivent aussitôt. Les gens s’écartent, ils ont peur, il y a du bruit, des personnes font signe aux trams qui arrivent de s’arrêter. Des hommes en gilets jaunes font rouler l’homme sur la voie du tram en disant qu’il est quasi mort. Je continue à avancer pour récupérer mon sac resté à côté de l’homme mort, j’ai du mal à respirer. Des passants ont déplacé mon sac. Les voies sont remplies de sable pour pas qu’on ne voit le corps. Je récupère mon sac sur le banc, et manque de le confondre avec celui d’un garçon qui a exactement le même que moi, mais plus neuf et souple. Marchant le long du quai pour partir, je suis à contre-courant d’une petite foule qui s’agglutine comme des zombies pour voir le mort. Je suis triste et en colère. Je crie sur une vieille femme « Vous pourriez me laisser passer ! Me parler ! Me dire excusez-moi, allez-y passer ! Au lieu de vous comporter comme un zombie. C’est quoi cette façon de faire ? C’est pour aller voir de près, c’est ça ? Le spectacle ? ». La femme reste sans expression. Je suis méprisante et j’ai mal. Finalement, à une centaine de mètres du corps je l’aperçois, juste assez pour voir que c’est un adulte, assez vieux, avec une chemise et des cheveux gris. Alors moi aussi je n’ai pas pu m’empêcher de regarder le spectacle ? Je pense encore à mon sac que je n’ai toujours pas ouvert, est-ce que mes affaires sont encore dedans ?